Jeanne d’Albret, une femme de caractère dès le plus jeune âge 1523 - 1572

 

D’après « Le Mariage de Jeanne d’Albret », par M. le baron Alphonse de Ruble. Paris 1877.

 Jeanne d’Albret est née le 7 janvier 1523, au château de Pau. Son père est Henri II d’Albret, roi de Navarre et sa mère  Marguerite d’Angoulême sœur du roi de France François Ier. Ce dernier qui a des vues sur la Béarn, a accordé à Henri la main de sa sœur. L’héritière d’Albret, future reine de Navarre, devenait à son insu, un instrument de politique car Charles-Quint avait aussi les yeux sur elle.

  • Marguerite, sa mère, rêvait de la marier au dauphin de France, mais celui-ci mourut en 1536. Son frère, Henri II, avait épousé Catherine de Médicis ; il restait Charles, duc d’Orléans, que François Ier voulait marier à une fille soit des rois Henri VIII ou Charles-Quint, qui aurait apporté le Milanais en dot.
  • François n’offrait pour gendre qu’Antoine de Bourbon, un cadet pauvre qui semblait sans avenir.
  • Henri d’Albret son père commençait écouter les propositions plus flatteuses de Charles-Quint.

François Ier en fut informé, et il n’hésita pas à s’emparer de sa nièce pour la séquestrer à Plessis-Lès-Tours.

Lors du passage de Charles Quint à travers la France pour se rendre dans ses états du Nord il eut l’occasion de rencontrer Henri et Marguerite de Navarre et il d’avoir quelques pourparlers avec le roi de France : Charles proposa de donner sa fille au duc d’Orléans et demandait en retour la main de Jeanne d’Albret pour son fils. Les parents de Jeanne se réjouirent, mais François Ier ne cacha pas sa colère.

Il rechercha parmi les princes allemands mécontent de Charles Quint, un prétendant à la main de Jeanne et son choix se porta sur Guillaume, duc de Clèves, âgé de 24 ans, dont la sœur  Anne allait épouser Henri VIII d’Angleterre. Guillaume était l’héritier de Charles d’Egmont, pour la possession du duché de Gueldre ce que Charles-Quint, n’avait toujours pas reconnu.

Pendant ce temps, Henri, son père, entré dans la ligue que François Ier préparait contre l’empereur, avec l’électeur de Saxe, parent du duc de Clèves, le landgrave de Hesse et le roi de Danemark, n’en continuait pas moins des négociations secrètes au sujet du mariage de sa fille avec l’Espagne. Mais il dut s’incliner ainsi que Jeanne malgré bien des protestations.

 

« Le mariage fut un vrai mariage de théâtre. La débile enfant qu’on traînait à l’autel avait une couronne d’or sur la tête et était comme écrasée sous le poids d’un long manteau cramoisi doublé d’hermine et de jupes en toile d’or et d’argent couvertes de pierreries. Elle ne voulut pas marcher à l’autel, et l’on vit alors, sur l’ordre du roi, le grand connétable de Montmorency la saisir et l’y porter. Après les festins et le bal vint le simulacre du mariage. « Le soir, dit Bordenave, l’historien de Jeanne d’Albret, l’époux fut mené en la chambre et au lit de l’épousée, auquel il mit l’un pied seulement en la présence de l’oncle et des père et mère de la fille et de tous les grands seigneurs et dames de la cour, qui ne bougèrent de là qu’ils n’eurent mis dehors le pauvre époux pour aller coucher ailleurs ; ainsi il n’eut de tout ce mariage que du vent. »

Puis, Guillaume rompt son alliance avec François Ier. Le roi laisse alors à Jeanne le soin de demander l’annulation de son mariage, puisque non consommé. Le pape Paul III lui accordera en 1546.

 

Jeanne d’Albret était libre : avec qui pouvait-elle se remarier ?

La mort de Charles laisse 2 candidats en lice. Les maisons de Bourbon et de Lorraine se disputèrent la Navarre avant de se disputer la France dans les guerres de religion.

Comme le frère cadet de François de Guise  allait épouser Louise de Brézé, fille illégitime d’Henri II et de Diane de Poitiers, Jeanne ne voulait pas s’abaisser devant cette dernière et choisit Antoine.