Au 17e Les demoiselles de Neubourg, réputées pour leur fécondité, recherchées par les cours royales

 

D’après «Beau-père de l’Europe : les princesses dans la politique familiale de Philippe-Guillaume de Neubourg »

de Joseph Schmid université de Mayence

 

La montée en puissance des Neubourg, branche palatine des Wittelsbach :

La montée des Neubourg a lieu après 1614 à la suite de la succession de Clèves-Juliers réclamée par Philippe-Louis de Neubourg au nom de son épouseAnne de Clèves pour son fils Wolfgang-Guillaume.

 

Philippe-Guillaume à la recherche d’une femme féconde : Amélie de Hesse

Philippe-Guillaume son fils lui succède. Il a épousé Anne-Catherine, fille du roi de Pologne Sigismond III envisageant de poser sa candidature au trône électif de Pologne. Mais sa femme meurt en 1651 sans lui avoir donné d’héritier. Il veut se remarier. Pas encore très influent au sein des grandes cours d’Europe il vise une épouse susceptible de lui donner de nombreux enfants, plutôt qu’une princesse de haut rang. Il se tourne vers Elisabeth-Amélie de Hesse-Darmstadt dont la famille jouit d’une réputation de grande fécondité. Mariée en 153, elle va lui donner 18 enfants.

Son objectif est de donner au Neubourg une place reconnue sur le plan politique. Pour ce faire il accepte de servir d’intermédiaire entre la Bavière et la France. Ferdinand-Marie duc de Bavière à 15 ans est sous l’influence autrichienne de sa mère Marianne de Habsbourg. Henriette Adélaïde de Savoie, son épouse, petite-fille d’Henri IV, cousine de Louis XIV veut se rapprocher de la France. Elle arrive à lui adresser des lettes qui échappent à la censure de sa belle-mère, afin qu’il les fasse expédier au roi de France. Il deviendra un des piliers du parti francophile dans le saint-empire. Louis XIV acceptera d’être le parrain de l’un de ses fils et de lui assurer des revenus.

Il est temps pour lui de songer à marier ses filles. S’il a su se faire une place grâce à la reconnaissance de Louis XIV et de la Bavière, il sait que selon les règles de succession établies, le Palatinat-Simmern doit lui revenir. Mais il pressent que Louis XIV va faire valoir les droits de sa belle-sœur « la Palatine ». Il anticipe une futureguerre du Palatinat en se cherchant des alliés opposés à la France, à commencer par l’Autriche.

 

Eléonoreet l’empereurLéopold Ier de Habsbourg - 1676

 

Léopold Ier, après 2 mariages est toujours sans héritier mâle. Plutôt que de rechercher une 3e épouse parmi les maisons illustres il cherche une épouse féconde. Les 18 enfants du duc de Neubourg laissent à penser que les filles le seront. Philippe-Guillaume n’hésite pas à se détourner de la France et à proposer Eléonore-Madeleine qui épouse l’empereur en 1676. Ils auront 10 enfants !

Elle sera impératrice consort du Saint-Empire de 1676 à 1705, reine consort de Bohême, de Germanie, de Hongrie et archiduchesse consort d'Autriche.

Par contre coup ses sœurs deviennent des belles-sœurs de l’empereur et permettent à leur père de rechercher des alliances royales, ajoutées à la réputation de fécondité !

 

Marie-Sophie et la couronne portugaise de Bragance - 1687

 

Le Portugal  est en difficulté face à la puissance maritime anglaise. Le mariage de Catherine de Bragance avec le roi Charles II d’Angleterre a permis d’assurer l’union entre les 2 pays.

Pierre II, sans héritier de son 1er mariage, sentant venir le conflit à propos de la succession espagnole cherche une alliance autrichienne. Léopold I propose une autre de ses belles-sœurs Marie-Sophie. Mariée en 1687, elle lui donne 8 enfants.

 

Marie-Anne et la couronne espagnole  - 1690

 

Charles II, roi d’Espagne, veuf n’a pas d’héritier et sa santé est chancelante. Il cherche une épouse à la cour de Vienne, sans succès.

 

L’empereur lui propose une belle-sœur, Marie-Anne. Mariée en 1690, elle ne donnera cependant pas d’héritier à l’Espagne ce qui est du à Charles dont la mort en 1700 provoquera la guerre de succession d’Espagne. 

 

Dorothée-Sophie, deux fois duchesse de Parme de Parme. - 1690

 

Philippe-Guillaume cherche ensuite à se rapprocher de Rome dont l’appui peut lui être nécessaire pour la carrière ecclésiastique de ses fils ou pour obtenir des dispenses de mariage liés à toutes ces unions interfamiliales. Pour les Farnèse installés dans le duché de Parme, qui veulent consolider leur pouvoir, une union avec une famille liée à un empereur et 2 rois est une aubaine. Sophie-Dorothée est demandée. Elle épouse Edouard II, héritier de Ranuce en 1690. Ils vont avoir une fille Elisabeth qui succèdera à sa tante sur le trône espagnol. Edouard il meurt avant son père. Voulant conserver sa place et son beau-frère François-Marie ne souhaitant pas rendre la dot, ils se marient.

 

C’est le dernier mariage qu’arrange Philippe-Guillaume qui meurt en 1690. Son fils Jean-Guillaume qui lui succède prend le relais. Après un 1er mariage avec Marie Anne, fille de l’empereur Ferdinand III, il  épouse Anne de Médicis, sœur de Jean-Gaston, grand-duc de Toscane, visant la succession de ce dernier en raison de l’absence d’hériter. Sans succès.

 

 

Edwige-Elisabeth et la Pologne - 1691

 

Elle épouse Jacques-Louis Sobieski, fils du roi de Pologne Jean III.  Ce mariage vise à mettre le pied en Pologne et à espérer la couronne élective pour le frère de Jean-Guillaume, Charles-Philippe, mariée à une riche polonaise.