L’ANGLETERRE NORMANDE ET ANGEVINE  1066 -1485

 les ducs rois 

Comment le duc de Normandie devint roi d’Angleterre  

Guillaume Le Conquérant 1066 – 1087 

Il introduisit de profonds changements dans le fonctionnement des institutions anglaises, les calquant sur les lois normandes. Il fit effectuer un recensement des hommes et des richesses du pays « Domesday Book ».

Il avait épousé en 1053 Mathilde de Flandre, fille de Baudouin V, comte de Flandre, petite fille de Robert Le Pieux, roi de France. Bien que Guillaume le Conquérant soit un bâtard, Baudouin V était très favorable au mariage de sa fille avec ce dernier, car sa puissance s’affirmait de plus en plus. Mais le pape s’opposait à cette union, prétextant qu’ils étaient parents au 5e degré. Le mariage eut cependant lieu. Ils formèrent un couple uni. Mathilde fut proclamée reine en 1068.

Ils eurent de nombreux enfants :

Sa puissance inquiéta le roi de France qui chercha à s’allier avec les voisins des territoires normands de Guillaume pour entamer une guerre récurrente contre ses états.

Guillaume le Roux  1087 – 1100  

succéda dons à son père, mais il mourut sans héritier.

Henri Ier 1135 - 1100

Robert, son frère aîné, essaiera d’évincer Henri, mais il finit même par perdre son duché.

Fin lettré, il améliore les rouages de son administration et de l’appareil législatif.

Henri qui devait toujours batailler contre ses proches voisins, chercha à s’allier le comte du Maine et d’Anjou, Foulque, et lui demanda la main de sa fille Alice pour son fils Guillaume Atheling. Alice était une jeune fille qui voulait devenir abbesse, mais elle dut s’incliner et épousa en 1119, Guillaume, prenant alors le prénom de Mathilde. Elle aurait du devenir la 5e reine française d’Angleterre, lorsque, lors d’une traversée de la Manche,, la jeunesse d’Angleterre périt dans le naufrage de la Blanche Nef. Veuve, elle regagna Fontevrault où elle devint enfin abbesse.

Il reste à Henri une fille Mathilde qui est veuve de l’empereur d’Allemagne Henri V. Henri demande à sa noblesse de la reconnaître comme héritière ; ce que beaucoup acceptent.

Etienne de Blois 1135 - 1154

A la mort d’Henri I, son neveu, Etienne de Blois, à qui il a fait épouser une nièce de sa femme, Mathilde de Boulogne, (encore une Mathilde) se précipite pour se faire couronner roi.

Ce fut la période, dite « anarchique », de lutte entre les partisans d’Etienne et ceux de Mathilde « l’emperesse » et de son nouvel époux, Geoffroy V Plantagenêt.

Mathilde de Boulogne passa ces 19 années aux cotés de son époux pour l’aider dans sa lutte contre l’autre Mathilde. Ils n’eurent qu’un fils Eustache qui mourut en 1153. Etienne négocia alors la paix avec Mathilde et Geoffroy en désignant leur fils comme successeur. Ce sera Henry II Plantagenêt  

L’empire anglo-angevin

Il aura fallut moins de dix ans à Henri Plantagenêt pour devenir l'homme le plus puissant de la chrétienté. Fils de  Geoffroy, comte d’Anjou, et de l’impératrice Mathilde, son père lui céda en 1149 le duché de Normandie qu'il avait conquis sur Étienne de Blois au cours de la guerre civile. L'année suivante, la mort de Geoffroy le fit hériter du Maine, de la Touraine et du berceau de sa famille, l'Anjou.

En 1152, il épouse Aliénor d'Aquitaine, récemment divorcée du roi de France Louis VII. Elle lui apporte, en dot, le quart ouest du royaume de France : Poitou, Aquitaine, Gascogne, Auvergne. Le Duc-Roi, Henri II avait reçu l'Angleterre par sa mère, mais il était avant tout un prince français, né dans le royaume de France, parlant le français, et consacrant beaucoup de son temps à ses provinces françaises

Henry et Aliénor partagent la gestion de leur importantes possessions et cherchent à les étendre. Les nombreux enfants qu’ils auront, leur permettront de lier des alliances avec les grandes puissances de l’époque : Aliénor d’Aquitaine « la grand-mère de l’Europe »

Maître de toute la façade maritime ouest de la France, Henry envisage de la posséder toute entière. Il demande, pour son fils Henry Le jeune, la main de Marguerite, fille de Louis VII et de sa seconde épouse Constance de Castille. Ceci lui donnerait des droits à la succession française si Louis VII n’a pas de fils. A la mort de Constance de Castille, Louis VII se remarie très rapidement, cherchant toujours à avoir un héritier mâle. Du coup Aliénor et Henry se hâtent de marier Marguerite et Henry pour conserver la dot de la princesse. (Ils ont alors respectivement 2 et 5 ans).

A l’âge de 17 ans, Henry souhaite régner véritablement et se rebelle contre son père, soutenu à la fois par sa mère Aliénor et par le roi de France. Finalement Henry II lui cède la moitié des revenus de L’Angleterre et de la Normandie. En 1177, Marguerite donne naissance à un garçon Guillaume qui ne vivra pas. Elle n’aura pas d’autres enfants. Henry Le jeune meurt en 1183. Marguerite rentre en France

Sa mère Constance de Castille meurt en lui donnant le jour. C’est la sœur de Marguerite. Les 2 rois décident de la fiancer au 2e fils d’Henry le futur Richard Cœur de Lion. L’histoire dit, qu’après la mort de Rosamonde, sa maîtresse, Henry se soit épris de sa future belle-fille et qu’il recula sans cesse la date du mariage. Devenu roi en 1180, Philippe-Auguste réclame que soit célébré le mariage de sa sœur avec Richard devenu entre temps héritier de la couronne anglaise.  

Deux faits vont ternir son règne : L’assassinat de Thomas Becket,, son ancien chancelier, qui s’oppose à l’abolition des privilèges ecclésiastiques et la lutte avec ses fils qui réclament le pouvoir, encouragés par leur mère et le roi de France Philippe-Auguste. Trahi, abandonné Henry II meurt  en 1189 à Chinon.

Richard Cœur de Lion : 1189 - 1199

Aliénor organise le couronnement de son fils, mais il n’est toujours pas question de mariage avec Adélaïde. Richard ne séjourne quasiment pas en Angleterre. Il  va s’engager avec Philippe-Auguste dans la 3e croisade sans que la question ne soit réglée. Elle ne le sera pas puisque Aliénor, en personne, se rendra à la cour de Navarre négocier le mariage de Bérengère fille du roi Sanche VI avec Richard : la Navarre est une région voisine de l’Aquitaine, l’alliance ne peut qu’être utile.

Au retour de la croisade Richard sera retenu en captivité par le duc d’Autriche. Tandis que Philippe Auguste réclame le retour de sa sœur, Jean Sans terre, dernier fils d’Aliénor, se rend en Normandie et accepte de rendre le Vexin au roi de France et d’épouser Adélaïde. Déjà marié à Isabelle de Gloucester, il envisage de divorcer pour cause de mariage au 3e degré. Mais Aliénor veille et s’oppose à ce projet. Adélaïde ne sera libérée qu’au retour de Richard.

De retour de captivité Richard repart en France défendre ses territoires contre le roi de France et ses alliés. Il y trouvera la mort au siège de Chalus.

Jean Sans Terre :1199 – 1216

A la différence de ses frères il n’eut pas d’apanage d’où ce surnom. Il essaya de prendre le pouvoir pendant la captivité de Richard, puis, à la mort de ce dernier, il se fit proclamer roi, au mépris des droits de son neveu Arthur de Bretagne, fils de son frère aîné Geoffroy.  Il aggrava sa position en se mariant à Isabelle d’Angoulême : la comtesse reine, celle qui relance les hostilités. et qui, indirectement, lui fait perdre définitivement la Normandie au profit de la couronne de France.

Le mariage de leurs enfants permettent de nouer ou consolider des liens avec de puissants états

Il entre en conflit avec Philippe Auguste. Battu à Bouvines, il perdit ses possessions françaises et  ses barons finirent par se soulever contre lui, le forçant à accepter La Grande Charte. Ne tenant pas ses promesses, les barons proposèrent la couronne à Louis VIII. La mort de Jean sans Terre, et l’avènement d’Henri III, sauvèrent la dynastie plantagenêt.

Henri III 1216 – 1272

Il tomba sous l’influence de sa femme : Aliénor de Provence, la reine détestée : Les anglais pensaient que le roi d’Angleterre Henry III en épousant Aliénor de Provence, et devenant de ce fait beau-frère du roi de France Louis IX, qui avait épousé la sœur aînée d’Aliénor, Marguerite, les conflits entre les deux pays cesseraient. Aliénor arrive dans son nouveau pays avec une suite nombreuse d’oncles et d’intrigants que le roi va combler de titres, honneurs et biens

Le mariage de la 3e sœur d‘Aliénor, Sancie, avec Richard de Cornouailles, frère du roi exaspéra les anglais surtout lorsque le roi dépensa sans compter pour tenter de le faire élire empereur du Saint-Empire romain germanique et faire de son fils cadet Edmond de Lancaster, un roi de Sicile.

Simon de Leicester prit la tête de la « guerre des barons » qui imposèrent au roi, en 1258 les « provisions d’Oxford » c’est à dire l’obligation d’avoir un conseil privé de 15 personnes et de convoquer le parlement 3 fois par an.. Mais Simon finit par être battu par le fils d’Henri, Edouard qui assuma à partir de 1265 le pouvoir.

Bien entendu Henri et Aliénor avaient organisé le mariage de leurs enfants

En 1241 il soutint la coalition menée par Raymond VII comte de Toulouse, les rois d’Aragon, Castille et Navarre, contre Louis IX lorsque celui-ci se rendit dans le Poitou recevoir l’hommage de son frère Alphonse de Poitiers qu’il avait marié avec Jeanne, unique héritière du comte de Toulouse. Soulèvement provoqué par Isabelle d’Angoulême, mère d’Henri III retournée sur ses terres !!!

Edouard Ier : 1272 – 1307

Une grande partie de son règne fut consacrée à lutter contre les écossais et les gallois. Manquant d’argent il dut composer avec les barons et accorda la confirmation des chartes, ce qui renforçait le pouvoir parlementaire, notamment en matière de prélèvement de l’impôt.

Il épouse Eléonore de Castille qui lui donnera 15 enfants dont Edouard, premier titré Prince de Galles.

Un conflit éclata en Guyenne entre la France et l’Angleterre. Edouard I occupé à lutter contre les écossais chercha à transiger par l’entremise du pape :  Philippe III le Hardi rendait la Guyenne à Edouard, mais gardait Bordeaux et donnait 2 princesses à l’Angleterre :  

Edouard II : 1307 – 1327

Ce prince homosexuel se laissa dominer par ses favoris. Sa femme, Isabelle la louve de France finit par prendre le pouvoir 

Pour maintenir les liens avec l’Ecosse, leur fille Jeanne épousera David II, roi d’Ecosse  

Edouard III : 1327 – 1377  Petit-fils de Saint-Louis, et descendant de Philippe Le Bel par sa mère, il déclencha la guerre de Cent Ans.

Cependant , à sa mort, l’Angleterre ne possédait plus que Calais et la Guyenne. Pendant son règne il avait du affronter une terrible épidémie de peste noire, des mouvements religieux (John Wyclif) et accorder plus de droits au parlement.

Il avait épousé Philippa de Hainaut. Ils vont avoir 12 enfants.

Les descendants de ses deux derniers fils se disputeront le trône d’Angleterre, après la destitution de leur jeune neveu Richard II.

Richard II 1377 – 1399

Pour mettre un terme aux hostilités avec la France, Richard, veuf d’Anne de Bohême, proposa à Charles VI et à Isabeau de Bavière, d’épouser leur fille Isabelle « la reine enfant »qui n’avait alors que 7 ans.

Voulant affirmer son autorité il commit des maladresses vis à vis des lords du parlement et des membres de sa famille. Ainsi, Henri de Lancastre, son cousin, fils de Jean de Gand, profita d’une expédition de Richard en Irlande pour prendre le pouvoir, monter sur le trône et obliger Richard à abdiquer.

Henri IV 1399 – 1413

Il lui faut justifier cette action car il n’est pas le mieux placé dans l’ordre de succession au trône : l’héritier le plus proche est Edmond Mortimer, descendant de Lionel d'Anvers 2e fils d’Édouard III tandis que le père d’Henri, Jean de Gand, n’est que le 3e fils. Il règle ce problème en invoquant le fait qu’il descend d’une ligne directe « mâle » tandis que Mortimer est héritier par sa grand-mère

Il est le fondateur de la dynastie de Lancastre. Il épouse Jeanne de Navarre, veuve du de duc de Bretagne. Femme avisée, elle eut une certaine influence favorable sur le roi comme elle l’avait eu vis à vis du duc de Bretagne.

Il utilise les mariages pour renforcer ou créer des alliances :

Henri V : 1412 – 1422

Il restaure l’autorité royale et profite de la lutte, en France, entre Bourguignons et Armagnacs pour réclamer le trône de France et relancer la guerre de Cent Ans ; Il remporte la bataille d’Azincourt (1415) et conquiert la Normandie. Il signe en 1420 le traité de Troyes qui, en lui octroyant la main de Catherine de Valois, fille de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, lui permet d’obtenir le titre de régent de France au détriment du futur Charles VII. Mais il meurt à l’age de 35 ans.

Henri VI 1422 – 1461 / 1470 – 1471

Il souffre d’une lourde hérédité mentale héritée de son grand-père Charles VI. Ses oncles assurent la régence pendant son enfance et leurs divergences permettent aux français, avec l’aide de Jeanne d’arc, « de les bouter hors de France »

En 1445 il épouse Marguerite d’Anjou, fille de rené I d’Anjou. Femme énergique qui finit par exercer le pouvoir mais qui se retrouve en opposition avec les partisans de Richard, duc d’York, issu de second fils d’Edouard III. Cela aboutit en 1455 au déclenchement de la guerre des Deux Roses.

Henri VI fuit l’Angleterre, puis est rétabli sur le trône en 1470 avant d’être définitivement battu et enfermé à la tour de Londres par Edouard IV, où il meurt sans doute assassiné.

Edouard IV 1461 – 1483

Il passa son règne dans les plaisirs. Il fit tuer son frère George, duc de Clarence, essaya d’aider son beau-frère le duc de Bourgogne, Charles Le Téméraire en débarquant à Calais. Mais Louis XI acheta son départ et lui fait accepter le traité de Picquigny qui signe officiellement la fin de la guerre de Cent Ans. Sa mort soudaine à 41 ans va entraîner les derniers soubresauts de la guerre des Deux Roses.

 Richard III 1482 – 1485

Frère cadet d’Edouard, qui le nomme grand amiral et premier connétable, il contribua grandement aux victoires yorkistes. A la mort d’Edouard, il se fait nommer régent, fait enfermer ses deux jeunes neveux à la Tour de Londres et fait déclarer le mariage de son frère avec Elisabeth Woodville illégitime, pouvant ainsi se faire couronner roi. La rumeur de l’assassinat des jeunes princes le rend impopulaire auprès de tous. Il livre une dernière bataille contre Henri Tudor à Bosworth, où il trouve la mort.  

Henri Tudor, qui prend la titre d’Henri VII, est proclamé roi. Il réconcilie les deux familles en épousant la fille d’Edouard IV, Elisabeth d’York

C’est la fin du règne des Plantagenêts et l'avènement des TUDORS