La 2e maison d’Anjou, une expansion européenne 1266-1435

Charles Ier d’Anjou :

En 1226, Louis VIII laisse par testament les comtés d’Anjou et du Maine à son dernier fils Charles qui devient le chef de la deuxième maison d’Anjou sous le titre de Charles I. Il épouse en 1246, Béatrice de Provence, désignée héritière du comté par son père Raymond-Béranger V.

Charles d’Anjou et sa femme Béatrice de Provence veulent un royaume à l’image des 3 sœurs de Béatrice qui sont reines de France, d’Angleterre et de l’empire romain.

L’occasion se présentera avec la proposition du pape de nommer Charles, roi de Sicile et de Naples. Béatrice aura une grande part dans la décision de son mari d’accepter la couronne. La conquête sera difficile, mais ce sera le point de départ d’une entreprise plus vaste, dont l’objectif est le contrôle de la Méditerranée et la renaissance de l’empire latin de Constantinople.

Ø  Il se fait couronner roi de Naples et Sicile en 1266. Simultanément Florence se donne à lui pour 10 ans, et le Pape le nomme son Vicaire pour la Toscane.

Ø  1272 il est couronné roi d’Albanie, ce qui lui permet de s’assurer le contrôle de la Méditerranée

Ø  Rêvant de reconstituer l’empire latin d’Orient il rachète en 1277 à Marie d’Antioche les droits à succession sur le royaume de Jérusalem Ce titre implique la possession de Tyr, Tripoli et Saint-Jean d’Acre. De plus à la mort de Manfred il réclame la dot de sa femme Hélène, héritière d’Achaë (péloponèse). Puis il marie son 2e fils à Isabelle de Villehardouin, héritière de Guillaume d’Achaë

 

Cependant il lui manque des assises solides dans son royaumes sicilien, et par son arrogance et ses brutalités il se met à dos les populations locales : « les vêpres siciliennes » .

Si ces rêves personnels s’effondrent son intelligente politique matrimoniale, lui permet même, après sa fuite de Sicile et sa mort, d’installer sa dynastie en Europe : Il met en place dune double alliance en mariant son fils Charles II, dit Le boiteux, à Marie, fille d’Etienne V, roi de Hongrie tandis que le prince Ladislas épouse Isabelle d’Anjou.

Il étend ses relations vers l’Empire en avalisant le mariage de son petit-fils Charles Martel, fils de Charles Le Boiteux avec Clémence, fils de Rodolphe de Habsbourg

 

Charles II dit le Boiteux :

Quant son épouse Marie devient héritière de Hongrie, il s’attache à ce que leur fils aîné Charles Martel hérite de la couronne.

C’est un homme de paix qui, par des mariages croisés avec la famille d’Aragon, va s’efforcer de désamorcer les conflits : Robert épouse Yolande d’Aragon, Eléonore et Blanche sont mariées aux 2 frères de Yolande Frédéric III et Jacques II d’Aragon.

Il répartit ses territoires entre ses fils

Ø  L’aîné devient roi de Hongrie

Ø  Robert dit le Sage devient roi de Naples

Ø  La principauté de Tarente échoit au 4e fils de Charles II, Philippe

Ø  La principauté de Duras revient au 5e fils de Charles II,

Ø  Quant au comté d’Anjou Charles le donne en dot à sa fille Marguerite, qui par mariage en 1290, les apporte à Charles de Valois. Leur fils Philippe VI, devenu roi réunit l’Anjou à la couronne en 1328, mais Jean Le Bon l’érigera en duché et le donnera en apanage à son 2e fils Louis qui deviendra le chef de la troisième maison d’Anjou.

 

Robert Le Sage :

Il évince son neveu Carobert, trop jeune à la mort de son grand-père pour devenir roi de Naples. Son souci majeur est de marier son seul et unique héritier Charles de Calabre. Il incite son fils à épouser Marie de Valois, sœur du roi de France Philippe VI, son neveu. Ils auront 4 filles dont Jeanne et Marie, héritières au centre des convoitises de leurs cousins de Tarente et Duras qui vont s’entredéchirer, plus ou moins soutenus par les aragonais toujours à l’affût.

En effet Charles meurt en 1328. Jeanne Ière devient l’héritière. Dès lors le royaume de Naples « part en quenouille ».

 

© : « La dame de Palerme » d’Alain PARIS