L’AUVERGNE, une région souvent divisée 1155 - 1531

Cette région est d’abord possession des ducs d'Aquitaine, qui portent aussi le titre de comte d'Auvergne,

Elle acquiert son indépendance lorsque vers la fin du Xe siècle, Guy, vicomte de Clermont et d'Auvergne, se proclame comte d'Auvergne Il est à l'origine de la dynastie comtale héréditaire, qui se choisit pour capitale la ville de Montferrand.

 

Un premier morcellement :

En 1147, Robert III, qui a pris part à la 2e croisade, avec son fils Guillaume, meurt en Terre Sainte. À son retour, Guillaume, surnommé « le Jeune », découvre que son oncle Guillaume « l'Ancien », frère de Robert, s’est proclamé comte et s’est emparé de ses terres.  Le conflit aboutit à un partage des terres en 1155.

C’est la plus grande partie qui revient à Guillaume l'Ancien (ou Guillaume VIII) et à ses descendants qui portent le titre de comte.

Guillaume le Jeune (ou Guillaume VII) conserve d'abord Montferrand, la capitale comtale, ainsi que quelques terres et prend le titre de comte de Clermont. Il épouse Marquise d’Albon, famille du Dauphiné. Elle introduit en Auvergne l’usage qui veut que le fils aîné porte le prénom de Dauphin. Leur fils va se prénommer Robert-Dauphin. Très rapidement, lui et ses descendants vont transformer ce prénom en titre.

 

L’Auvergne est divisée en 4 parties  dont une partie revient au domaine royal  1212 - 1230

L’Auvergne va faire partie du champ de bataille où s’affrontent Capétiens et Plantagenets notamment Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion. Le comte d'Auvergne Guy II, petit-fils de Guillaume VIII l'Ancien, se range derrière Richard Cœur de Lion, tandis que le comte de Clermont Robert-Dauphin, qui a succédé à Guillaume VII le Jeune, et l'évêque de Clermont, prennent parti pour Philippe-Auguste.

En 1222, Philippe-Auguste, s'approprie le comté d'Auvergne. Les territoires confisqués, qui représentent la plus grande partie de l'Auvergne, sont annexés au domaine royal et nommés « Terre d'Auvergne ».

Ainsi, à partir du début du XIIIe siècle, l'ancien comté d'Auvergne se trouve morcelée en quatre entités aux destins divers :

 la SEIGNEURIE EPISCOPALE DE CLERMONT : propriété de l'évêque de Clermont. Elle sera réunion au comté par Catherine de Médicis en 1557.

 Le COMTE D'AUVERGNE : très petite région centrée sur Vic-le-Comte. Guy II et ses successeurs conserveront des liens avec les rois d'Angleterre. Ils ne consentiront jamais à aucun traité avec les rois de France.

En 1350 Jeanne Ier épouse le futur roi de France Jean le Bon. Jean, duc de Berry, l’un des fils de Jean issu de son 1er mariage avec Bonne de Luxembourg va être marié à Jeanne II. Il va dépouiller son beau-père de ses terres.

En 1422 le comté échoit à Marie d’Auvergne qui a épousé Bertrand IV de la Tour. Ils resteront comte d’Auvergne jusqu’à Jean III dont la petite fille Catherine de Médicis épouse le futur roi Henri II. Elle n’apporte pas le comté en dot mais le lègue au fils bâtard de Charles IX, Charles de Valois duc d’Angoulême. La fille de Catherine, Marguerite de Valois l’en dépossédera avant de le céder à Louis III qui le rattache définitivement au royaume en 1610

 Le DAUPHINE D’AUVERGNE verra sa superficie se réduire, perdant sa capitale Montferrand pour Vocable. En 1426 le dernier dauphin Béraud III, marie sa fille Jeanne à Louis de Bourbon, comte de Montpensier.

 La TERRE D'AUVERGNE, qui devient en 1360, sous le règne du roi Jean le Bon, le DUCHE d'Auvergne,

Louis VIII la donne en apanage à son fils Alphonse de Poitiers, qui gouverne ses domaines. Ce dernier n'ayant pas d'enfant, la Terre d'Auvergne revient à la couronne en 1271.

Charles VI la remet en apanage à son frère Jean de Berry, et l’érige en duché, en 1360. A sa mort elle passe à sa fille ainée, Marie qui la transmet par dérogation à son mari Jean Ier duc de Bourbon, avant d'être transmise par mariage aux ducs de Bourbon. Le duché d'Auvergne a pour capitale la ville de Riom.

 

La mainmise des Bourbons sur le duché et le Dauphiné jusqu’à la confiscation par François Ier.

Ainsi, à partir de 1416, la quasi-totalité de l'Auvergne est sous l’autorité des Bourbons, et le restera pendant un siècle. Seule la seigneurie épiscopale de Clermont et le petit comté d'Auvergne restent indépendants.

En Suzanne, fille de Pierre de Beaujeu, dernière descendante de Louis II,  épouse son cousin Charles de Montpensier, petit-fils de Louis de Montpensier. A la mort de Suzanne, sans héritier, Charles devenu le connétable de Bourbon se voit contester ses terres du Bourbonnais et d’Auvergne par François Ier au nom de sa mère Louise de Savoie, qui descend directement de Louis II. François dépouille Charles qui passe à l’ennemi et rejoint Charles Quint.

L’Auvergne et le Bourbonnais sont définitivement rattachés au domaine royal en 1531.