LES DUCHES ITALIENS : des dynasties locales face aux grands -  XI au XVIIIe siècle

 

Au XIe et XIIe siècle, les papes et les empereurs s’affrontent pour exercer leur domination en Italie, ce qui va provoquer des conflits entre les partisans du premier (guelfes) et ceux du second (gibelins). Les affrontements les plus marquants se déroulent en Sicile, où le Pape parvient à chasser les héritiers de Frédéric VI de Hohenstaufen, pour installer Charles d’Anjou, frère de Saint-Louis. Mais son règne sera de courte durée, avec l’épisode des «vêpres siciliennes», qui chasse Charles pour installer la dynastie aragonaise. Les angevins vont régner alors sur le royaume de Naples. A l’accession de Jeanne les conflits vont reprendre pour sa succession.  

 

Au XIVe l’Italie est un pays divisé : le nord est sous la domination de l’Empire, le centre est contrôlé par le Pape, et le sud est aux mains des angevins pour le royaume de Naples et aux mains des aragonais pour la Sicile.  
Le transfert du Pape en Avignon (1309), puis son retour en 1377 et le Grand Schisme qui s’installe de 1378 à 1417 va affaiblir l’autorité des papes, et les grandes cités de l’Italie du Nord vont s’ériger peu à a peu en seigneuries, installant des dynasties locales avec l’aval de l’empereur du Saint-Empire qui les nomme vicaires impériaux: les ESTE à Ferrare, les VISCONTI à Milan ou duc de la maison de SAVOIE.

 

Au XVe siècle, après avoir empêché le duc de Milan, Jean Galéas, d’annexer le nord et le centre de l’Italie, c‘est Florence qui soumet les villes alentours et voit l’installation des MEDICIS au pouvoir. C’est aussi l’époque des condottiere qui louent leurs services au pape ou à l’empereur moyennant un titre comme les SFORZA à Milan. L’équilibre est à peu près atteint jusqu’à ce que le roi de France, Charles VIII, revendique ses droits héréditaires sur Naples.  
Les guerres d’Italie: 1494 - 1559
Pendant cette période, la France, les Cantons suisses, l’Empire et l’Espagne s’affrontent pour la maîtrise de la péninsule : celui qui dominait l’Italie pouvait espérer contrôler la Méditerranée. Pour les rois de France François Ier ou Henri II, elle permettait, en outre, de briser l’étau des Habsbourg autour du royaume, et, pour l’Empereur Charles Quint, ou le roi d’Espagne Philippe Il, elle devenait le lien indispensable entre la péninsule ibérique et leurs possessions d’Europe centrale et septentrionale. Au terme de guerres, marquées par des retournements d’alliances multiples de la part des princes italiens, l’Espagne victorieuse imposa son hégémonie sur la péninsule.

 

1559 le traité de Cateau-Cambrésis et l’hégémonie espagnole

Le traité ce Cateau-Cambrésis met un terme à plus de 60 années de guerre en Italie ; un double mariage clôt ce traité:  

L’Espagne est solidement implantée à Naples et à Milan, en Sicile et en Sardaigne. Les Médicis retrouvent Florence ; le Pape Paul III érige Parme et Plaisance en duché pour sa famille les FARNESE. Il y a encore quelques conflits liés à des revendications lors de successions tel que celui du marquisat de Montferrat acquis par mariage par les ducs de Mantoue, les GONZAGUE. Les conflits européens qui vont se dérouler de 1618 à 1648, sous le titre de « guerre de Trente Ans » vont modifier la situation. En ce qui concerne l’Italie, les 2 points névralgiques sont les débouchés alpins contrôlés par le duc de Savoie qui sut mener une habile politique entre les 2 adversaires, et les places fortes de la plaine du Pô. 

 

XVIIIe siècle vers l’hégémonie autrichienne

Le déclin de l’influence espagnole, puis la guerre de succession d’Espagne, vont provoquer de profonds changements favorisés par l’extinction ou l’affaiblissement des dynasties italiennes.  
A partir du traité de paix d’Utrecht (1713) qui marque la fin de la guerre de succession d’Espagne jusqu’au traité d’Aix La Chapelle (1748), les Habsbourg d’Autriche vont asseoir leur domination en Italie. En 1713, la péninsule est divisée entre les puissances sans que les populations aient leur mot à dire. C’est ainsi que l’empereur se voit attribuer la plupart des possessions espagnoles : il accapare le duché de Milan, le royaume de Naples, tandis que la Sicile échoit à Victor-Amédée II de Savoie qui obtient le titre de roi. (territoire qu’il échangera contre la Sardaigne, plus proche)  
Un certain nombre de dynasties s’éteignent pour échoir à l’un des membres de la famille autrichienne des Habsbourg.  

Celle des Gonzague-Nevers s’éteint en 1708. L’empereur rattache le duché à celui de Milan et le donne à son fils  

En 1734, l’arrivée des Bourbons, dynastie issue de France, sur le trône espagnol, change la donne : sous l'impulsion d'Elisabeth Farnèse l'Espagne cherche à se réimplanter en Italie. A la suite de différentes guerres de succession, Espagne, Pologne et Autriche, les Bourbons vont reprendre la Sicile, le royaume de Naples créant le royaume des Deux Siciles, et Parme créant la dynastie des Bourbons-Parme.

La révolution et la période napoléonienne font valser en éclat l’édifice. La plupart des dynasties s’exilent. Mais après la chute de Napoléon, la domination des Habsbourg d’Autriche est prédominante jusqu’à la création du royaume d’Italie.