La LORRAINE, une terre d’empire qui devient française 1431 - 1766

 

La 3° maison d’Anjou prend pied en Lorraine 1431 - 1473

 

René Ier 1431 - 1453

Antoine de Vaudémont remet en question le droit d’Isabelle à hériter du duché, soutenu par le duc de Bourgogne Philippe le Bon et envahit le duché. Malgré l’aide de soldats mis à sa disposition par Charles VII, l’armée de René est écrasée à Bulgnéville et il est fait prisonnier. Libéré provisoirement il accepte l’arbitrage du duc de Bourgogne et signe avec Antoine de Vaudémont un traité par lequel sa fille aînée épouserait le fils d’Antoine, Ferri, et il renoncerait au duché de Guise. L’arbitrage de l’empereur Sigismond est demandé en ce qui concerne la succession du duché. Il tranche en faveur de René précisant que l’investiture relevait du Saint-Empire et qu’il le recevait au nom de sa femme. Retourné en captivité il apprend coup sur coup qu’il devient l‘héritier de son frère aîné à savoir l’Anjou, la Provence puis de sa tante Jeanne II reine de Naples. Libéré il passera peu de temps dans son duché lorrain préoccupé de récupérer son héritage.

René et Isabelle  vont avoir plusieurs enfants :

Ø  leurs fils Jean et Louis et même leur petit-fils Nicolas mourront avant René.

Ø  Yolande va épouser son cousin Ferry de Lorraine, comte de Vaudémont

Ø  Marguerite deviendra reine d’Angleterre par son mariage avec Henri VI.

A la mort d’Isabelle il doit céder le duché à son fils Jean.

 

Jean II 1453 - 1470 fut aussi absent que René

 

Nicolas un prince très convoité par le roi de France et le duc de Bourgogne 1471 - 1473

Louis XI le fiance à 13 ans à sa fille Anne qui vient de naître et l’envoie combatte le duc de Bretagne. Devenu duc à la mort de son père il se détache du roi de France et se rapproche du duc de Bourgogne Charles le Téméraire qui lui promet sa fille Marie en mariage.

A sa mort Yolande est choisie pour recevoir le duché. Elle accepte au nom de son fils René II. Le comté de Vaudémont est enfin rattaché à la Lorraine.

 

René II 1473 - 1508 va avoir un règne bien mouvementé entre son cousin Antoine de Vaudémont qui lui conteste le duché et Charles le Téméraire dont seule la mort devant Nancy va le délivrer de son emprise. Puis il découvrira les perfidies de Louis XI qui le dépouille de l’héritage angevin. Pour ne pas être vassal du roi de France, il lègue ses territoires français à son 2e fils Claude qui devient entre autre duc de Guise. Anne de Beaujeu lorsqu’elle fut régente de Charles VIII s’attacha sa fidélité en lui faisant épouser une nièce de son mari Philippa de Gueldre.

 

La lorraine devient indépendante

 

Antoine  Ier 1508 - 1544

Il participe aux guerres d’Italie aux cotés de Louis XII puis de François Ier. L’empereur Maximilien lui propose sa petite fille Eléonore, mais il préfère épouser la sœur du connétable de Bourbon, Renée de Bourbon-Montpensier. Après la capture de François Ier à Pavie il s’astreint à une stricte neutralité. Puis, ardent défenseur du catholicisme il se rapproche de Charles Quint. Il marie sa fille Anne à René de Chalon, prince d’Orange, général proche de l’empereur (sans descendant il lèguera ses terres à Guillaume le Taciturne stathouder de Hollande) tandis que son fils épouse une nièce de Charles Christine de Danemark. François Ier prend ombrage de ces unions. Mais cela n’affecte en rien la carrière de son frère Claude de Guise puis de son fils François aux cotés du roi de France.

En 1542, il obtient de l’empereur le statut de prince souverain et indépendant tout en bénéficiant de sa protection.

 

François Ier 1545 – 1545 il joue un rôle important dans les négociations qui aboutissent au traité de Crépy.

 

Charles III 1545 – 1608

Sa mère obtient avec difficulté la régence car elle proche parente de l’empereur. Henri II lui propose d’organiser le mariage d’une de ses filles Claude avec le futur duc Charles. L’empereur consulté n’y est pas défavorable mais suggère qu’elle attende.. En échange de son soutien aux princes allemands protestants Henri II obtient en 1559 la cession des 3 évêchés (Metz, Toul et Verdun). Il envahit la Lorraine, fait exiler la régente et le duc Charles est envoyé à Paris pour poursuivre son éducation. En 1559 son mariage avec Claude de France a lieu et il revient dans le duché.

 

Les Guise, branche cadette, se tiennent près du pouvoir royal et sont les chefs de la Sainte ligue catholique pendant les guerres de religion :

Ils connurent une ascension foudroyante sous le règne d’Henri II. Le mariage de leur nièce Marie Stuart avec François II, leur permet d’avoir une influence grandissante auprès de Catherine de Médicis. Ils déclenchèrent, la première guerre de Religion après le massacre de Vassy, puis provoquèrent la Saint-Barthélemy. Ayant des prétentions à la couronne royale, Henri III fera assassiner Henri Ier dit le Balafré et son frère le cardinal de Lorraine.

La famille de Guise se divise en plusieurs branches qui finirent toutes par se rallier à Henri IV moyennant honneurs et finances. Les relations se gâtèrent sous Louis XIII et Richelieu, certains prenant le parti de Marie de Médicis.

Henri II 1606 - 1624

A la mort du roi de France Henri III, Charles III fait valoir les droits de son fils au trône de France. Battu par Henri IV celui-ci scelle l’accord de paix en donnant sa sœur Catherine, protestant résolue, en mariage au futur Henri II. Devenu veuf il épousera une nièce de Marie de Médicis, Marguerite de Gonzague.

Il n’a que 2 filles de son 2e mariage. Henri IV lui propose l’union de l’aînée avec son l’héritier le futur Louis XIII. Il est assez réticent car cela signifie le rattachement du duché à la France à long terme. Mais l’assassinat d’Henri IV change la donne. Marie de Médicis privilégie les mariages espagnoles. Bien que sa sœur Elisabeth ait épousé le duc de Bavière Maximilien, il reste neutre dans le conflit qui reprend entre princes allemands protestants et catholiques. Au contraire, son neveu Charles de Vaudémont s’implique et se révèle homme de guerre. Il se déclare successeur d’Henri II s’appuyant sur la tradition établie par René II. Henri quant à lui se rapporte au cas d’Isabelle qui a succédé à son père. Le duc de Bavière pousse Henri à accepter le mariage de sa fille aînée Nicole avec son cousin Charles de Vaudémont.

 

Au XVIIe le duché est balayé par la volonté d’expansion de Louis XIV

 

Charles IV 1624 - 1675 lorsqu’il arrive à la tête du duché avec son épouse, la guerre de 30 ans prend une dimension européenne car tous les états protestants du Nord sont prêts à s’engager contre l’empereur soutenu en sous main par la France. Charles bien que neutre reste lié au duc de Bavière allié à l’empereur Ferdinand II. Les tensions avec la France s’aggravent d’autant plus que Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII vient se réfugier en Lorraine  et qu’il se met en tête d’épouser Marguerite de Vaudémont  De 1631 à 1634, malgré l’accord de Vic la Lorraine est occupée. Charles qui n’a pas d’enfant finit par abdiquer en faveur de son frère mieux perçu par la France. Ce dernier est cardinal. Il décide d’épouser sa cousine Claude, sœur de Nicole pour éviter un mariage étranger. Le pape valide la mariage malgré l’opposition de la France. Les troupes françaises capturent la famille ducale qui finit par s’échapper en Toscane, et occupent la Lorraine de 1633 à 1641. par le traité de saint-Germain il récupère ses états, mais reprenant les hostilités il en est à nouveau chassé en 1654. Il revient une dernière fois en 1661 pour se battre contre les français pendant la guerre de 30 ans. Il est définitivement chassé de Lorraine en 1670.

 

Un duché sans duc

 

Charles V 1675 - 1690

Il est destiné à entrer dans les ordres lorsque le décès de son frère aîné en fait l’héritier du duché. Il réside à la cour de France où il tombe amoureux de sa cousine Marguerite-Louise d’Orléans. Mais Louis XIV a un projet matrimonial pour cette dernière qui épouse Côme III, grand duc de Toscane. Puis, ses fiançailles avec Marie-Jeanne de Savoie, sont rompues lorsque son oncle Charles IV ayant du céder, par la force, la Lorraine et le Barrois, il décide de rejoindre la cour de l’empereur Léopold Ier. Il finit par épouser, par amour, Eléonore d’Autriche, reine douairière de Pologne et se verra confier le gouvernement du Tyrol.

Son mariage et sa présence à la cour des Habsbourg va créer des liens familiaux forts qui verront leur apothéose avec son petit-fils François.

 

Léopold Ier 1697 - 1729

Il est éduqué à la cour de Vienne et prend part aux batailles contre les troupes françaises. Lors de la paix de Ryswick le Pape souhaitait l’union de la nièce de Louis XIV avec l’héritier des Habsbourg Joseph, mais Louis XIV refuse. Par contre souhaitant faire reconnaître son petit-fils Philippe d’Anjou roi d’Espagne, il accepte de rendre les duchés de Bar et de Lorraine à Léopold et de reconnaître la suzeraineté impériale. Toutefois, il lui l impose une stricte neutralité voire même une tutelle et organise le mariage de Léopold avec sa nièce Elisabeth Charlotte d’Orléans. A partir de la régence (Philippe d’Orléans est son beau-frère) et du règne de Louis XV, les relations sont meilleures, mais l’opposition de la France à la création d’un évêché à Nancy le pousse à nouveau vers l’Autriche. Il envoie ses fils à Vienne où François épousera Marie-Thérèse de Habsbourg, l‘héritière et Charles-Alexandre sa sœur Marie-Anne devenant gouverneur des Pays-Bas.

 

Un trône pour Stanislas, un trône pour François

 

François III 1729 - 1736

Louis XV a épousé Marie Leszczynska, dont le père Stanislas, soutenu par les français, vient d’être chassé du trône de Pologne. Il faut lui trouver un « point de chute ». De son coté l’empereur souhaite que les nations reconnaissent Marie-Thérèse comme héritière des ses domaines et son mari comme roi d’Allemagne – Pragmatique sanction – il abandonne la lorraine pour devenir grand duc de Toscane

Stanislas un duc que de nom 1736 – 1766

A sa mort la Lorraine et le Barrois sont définitivement rattachée à la France