Le PORTUGAL :la dynastie bourguignonne 1095 - 1383

 

Alphonse VI, roi de Léon, Castille, Galice et Portugal estimait que son territoire était trop grand pour son gendre et successeur Raymond de Bourgogne à qui il avait donné en mariage sa fille légitime Urraque (Urraca).

En 1095,il décide remettre le comté Portugal à son autre gendre, Henri de Bourgogne à qui il fait épouser sa fille illégitime, mais préférée, Thérèse. Henri est le 4e frère de deux ducs de Bourgogne Hugues I et Eudes I, et le cousin de Raymond. Bourgogne 1e dynastie

Veuve Thérèse hérite du gouvernement et tente comme Henri de garder une certaine neutralité avec les partis qui se déchiraient en Castille pendant la régence de sa sœur Urraca.

Alphonse-Henri I, à la mort de son cousin Alphonse VII, qui avait partagé son territoire entre ses fils, ne se sent plus lié par des liens de vassalité et prend le titre de roi du Portugal (1139) en plaçant son royaume sous la protection du Saint-Siège.

Alphonse II et III luttèrent pour maintenir leur autonomie, et, pour donner des gages de bonne entente, Alphonse III épouse la fille bâtarde d’Alphonse X, Béatrice. Mais il était déjà uni à Mathilde, comtesse de Boulogne , ce qui le mettait en position de bigamie et lui attirait les foudres du pape, qui finit par lui accorder une dispense.

A sa mort Dinis le Libéral, héritier de la couronne se vit contester ses droits par Alphonse, né du second mariage, après la dispense du pape. Toutefois la Castille reconnaît la frontière définitive du Portugal par le traité d’Alcanices en 1297. Ce même traité prévoit le double mariage de constance, fille de Dinis avec l’infant Ferdinand de Castille, et celui de Béatrice, fille de Sanche IV de Castille avec l’héritier portugais Alphonse.

 

Les difficultés se poursuivent avec Alphonse IV :

Il donne en mariage sa fille Marie au roi de Castille Alphonse XI. L’union est malheureuse et la reine se plaint à son père. Pour lutter contre son gendre, Alphonse IV n’hésite pas à marier son fils aîné Pierre, héritier du royaume, à Constance fille de Juan-Emmanuel, un des meneurs de l’opposition castillane. Le résultat fut une guerre dont la paix fut négociée par le pape et le roi de France.

Pour se protéger Alphonse IV essaie d’obtenir l’appui de l’Angleterre en proposant son autre fille Léonor, en mariage à Edouard III. Mais les négociations n’aboutissent pas et celle-ci épouse Pierre IV d’Aragon, allié naturel contre la Castille.

Ici se place le fameux épisode de la « reine morte ». Pierre tombe amoureux d’Inès de Castro, une des dames d’honneur de son épouse. Il semble qu’il tombe non seulement sous l’influence de cette femme, mais aussi de ses parents castillans. Alphonse IV outragé ordonne la mort d’Inès.  

Pierre Ier, quoique cruel, dépravé, règne dans la paix. A noter qu’il « nationalise » les ordres religieux et qu’il nomme son fils bâtard Jean (futur Jean Ier) grand maître de l’ordre d’Aviz. Dans la lutte pour la succession en Castille, il refuse de soutenir Pierre Ier le Cruel, et reconnaît comme souverain Henri de Trastamare, fils naturel d’Alphonse XI.

 

La période de paix se termine avec l’avènement de Ferdinand Ier. (1367)

Profitant du trouble qui règne en Castille il se présente comme candidat au trône en sa qualité de petit-fils légitime de Sanche IV de Castille contre Henri de Trastamare qui avait fait assassiné son demi-frère Pierre Ier. Toutes les puissances s’engagent pour l’un ou l’autre des 2 prétendants. C’est une extension de la Guerre de Cent Ans qui se déroule alors. Puis, renonçant à ses prétentions au trône, il soutient un nouveau candidat Jean de Gand, fils d’Edouard III et époux de Constance de Castille, fille légitime du roi Pierre Ier. La guerre éclate. Ferdinand est battu plusieurs fois, et, après sa 3e défaite, doit donner, pour gage de sa fidélité future, sa fille Béatrice en mariage à l’un des fils de Jean 1er de Castille. A la mort prématurée de l’infant, c’est le roi Jean qui épouse Béatrice.

A cela s’ajoute son mariage très impopulaire avec léonor Tolès de Meneses, qui avec ses partisans, se fit détester de tout le peuple portugais.

A sa mort en 1383, sans héritier mâle, la succession passe à sa fille légitime Béatrice. Mais les deux pays devaient rester indépendants. Un conflit éclate. Le changement de dynastie se profile