Les ROMANOV, « une dynastie sous le règne du sang » 1613 - 1917

 

Michel 1613 – 1645 :

Il a été élevé par sa mère dans un couvent se retrouve choisi par l’assemblée qui ne veut pas d’étranger. Son père Philarète, prisonnier de Godounov puis des polonais réapparait et instaure une co-gérance. Il lui fait épouser Eudoxie, jeune fille en bonne santé pour avoir un successeur en la personne d’Alexis.

Alexis 1645 - 1676

De son premier mariage avec la fille de son précepteur il aura 2 fils, Fédor intelligent et chétif et Ivan, simple d’esprit et des filles dont l’une se prénomme Sophie. Devenu veuf il s’entiche d’une jeune beauté Nathalie qui lui donne à son tour un fils Pierre.

Fédor 1676 – 1682 

Il  succède tout naturellement à son père. Mais tout se complique à sa mort.

Déjà une femme convoite le pouvoir, Sophie : 1682 - 1689

Ivan étant faible d’esprit et Pierre très jeune Sophie voit une chance de prendre le pouvoir. Elle se fait désigner par l’assemblée comme régente. Mais, en 1689, Pierre alors âgé de 17 ans en semi-exil déjoue une tentative d’assassinat de la part de sa demie sœur et prend le pouvoir. Ivan renonce à ses droits. On le marie, il aura 2 filles : Anne et Catherine.

Pierre le Grand 1682 - 1725

En 1703 il fonde Saint-Pétersbourg qui deviendra capitale de la Russie pendant   ans. Il voyage en Europe et ouvre son pays aux artistes et scientifiques européens. Sa mère lui fait épouser Eudoxie, jeune noble russe qui lui donne un fils Alexis avant d’être répudiée. Il s’éprend d’une fille d’auberge Catherine qu’il épouse en 1712. Ils vont avoir 3 enfants : 2 filles Anne et Élisabeth, puis, à peu près en même temps Catherine lui donne un fils prénommé Pierre tandis qu’Alexis le fait grand-père d’un petit Pierre également. La succession pourrait devenir difficile mais Alexis qui n’a pas pardonné la répudiation de sa mère, fomente un complot. Son père le fait exécuter. Puis le fils de Catherine meurt à son tour. Qui va lui succéder ? Les prétendants sont multiples :

Par un oukase de février 1722 Pierre désigne son épouse, Catherine comme impératrice et la fait couronner en 1723.

 

Le temps des tsarines et l’Allemagne réservoir d’épouses

Catherine I : 1725 – 1727.

Prévoyante elle désigne dans l’ordre de succession, le petit-fils de Pierre le Grand, puis ses filles Anne et Élisabeth.

Pierre II 1727 – 1732.

Il retourne à Moscou qui redevient capitale et règne sous la tutelle de Menchikov. Il meurt sans avoir eu le temps d’être marié. Anne la fille aînée de Pierre le Grand est déjà morte, reste Élisabeth. Mais les nobles ne veulent pas d’une reine progressiste comme son père et propose le trône à Anne, fille aîné d’Ivan qu’ils espèrent pouvoir contrôler en lui faisant signer une renonciation à diriger le pays. Ce qu’elle accepte.

Anna Ivanovna 1730 – 1740 :

Elle reprend le pouvoir au bout de 15 jours et redonne à Saint Petersbourg le statut de capitale. Elle laisse ses favoris, d’origine allemande, gouverner.

Se sachant stérile elle organise sa succession en faisant venir auprès d’elle sa nièce Anna de Mecklembourg qu’elle marie à un prince allemand le duc de Brunswick, cousin de l’empereur Charles VI. Juste avant sa mort ils auront un fils Johann rebaptisé Ivan qu’elle désigne comme successeur.

Ivan VI 1740- 1741

Anne sa mère devient régente. A sa mort elle espère bien se faire couronner impératrice. Avec le soutien de l’armée, Elisabeth, la dernière des filles de Pierre Le Grand, prend le pouvoir.

Elisabeth Petrovna : 1741 - 1762

Pour affirmer sa légitimité, elle adopte Pierre-Ulrich, son neveu qui était normalement le premier sur la liste de succession.  Mais il la déçoit rapidement. Il ne vénère que le roi de Prusse Frédéric II et méprise les russes. Elle fait venir de Holstein Sophie d’Anhalt-Zebst pour la marier à son neveu en prenant le nom de Catherine. Après 9 ans de mariage cette dernière donnera naissance à un garçon baptisé Paul.

En politique elle finit par entrer dans l’alliance avec l’Autriche et la France pour contrer les appétits de conquête du roi de Prusse. C’est la guerre de Sept ans. Les troupes russes entrent à Berlin, le roi se croît perdu lorsqu’on lui annonce la mort d’Élisabeth Ier.

Pierre III:

Il est l’héritier potentiel du roi de Suède : sa grand-mère paternelle est la fille du roi de Suède Charles XI, et son frère Charles XII n’a pas d’héritier. Il n’a pas été élevé en Russie. Il rend au roi de Prusse tous ses territoires et s’unit à lui contre la France et l’Autriche. Il envisage de faire enfermer sa femme Catherine. Cette dernière qui a pour amant, à ce moment là le comte Orlov, organise avec les frères de ce dernier un coup d’éclat qui aboutit à la prise de pouvoir et à l’enfermement de Pierre.

Catherine II 1762 – 1796 le plus long règne sera de l’histoire russe

Elle s’empresse de se faire couronner car elle n’a aucune goutte de sang Romanov pour justifier sa légitimité. Elle marie son fils avec Wilhelmine de Hesse-Darmstadt puis à sa mort, avec Sophie-Dorothée de Wurtemberg rebaptisée Maria qui lui donnera 4 garçons : Alexandre, Constantin, Nicolas et Michel. Catherine se les approprie pour les élever auprès d’elle. Elle cherche à consolider la dynastie en organisant les mariages de ses petits-fils en se tournant vers l’Allemagne : Alexandre, l’aîné, est marié à Louise de Bade et Constantin à Julienne de Saxe-Cobourg. Elle tente également de marier l’ainée de ses petites-filles avec l’héritier de Suède, mais sans succès. A sa mort son fils qui n’a plus de bon rapport avec elle, craint qu’elle n’ait désigné son petit-fils pour lui succéder s’empresse de faire bruler tous ses papiers personnels.

Paul Ier 1796 – 1801

Il prend le contre-pied de la politique de sa mère et reprend la politique prussienne de son père. Par décret il exclue les femmes de la succession. Son impopularité grandissante entraine un complot pour porter son fils au pouvoir.

Alexandre Ier 1801 -1825 le grand opposant à Napoléon

Il était inspiré par des idées libérales, que le poids de la pesanteur russe ne lui permit d’aborder que superficiellement.

Les alliances matrimoniales de ces aïeux ont privilégié les liens avec les principautés germaniques. En cela ils partagent tous une hostilité vis-à-vis des ambitions napoléoniennes. Il s’allie avec l’Autriche et la Suède soutenus par les anglais contre Napoléon mais cela conduira à Austerlitz en 1805. Une nouvelle coalition avec la Prusse ne sera pas plus profitable.  Finalement les 2 empereurs se rencontrent à Tilsitt pour signer un traité de paix en 1807.

Lorsque Napoléon se sépare de Joséphine il se tourne vers la Russie pour espérer obtenir la main d’une sœur d’Alexandre, Catherine, puis celle d’Anne sans succès. Les hostilités reprendront en 1812 pour aboutir à l’entrée d’Alexandre dans Paris en 1814.

Il n’a pas de fils et selon le décret de Paul Ier c’est son frère Constantin qui doit lui succéder. Mais divorcé il s’est remarié avec une polonaise et se satisfait d’être vice-roi de Pologne. Il désigne son dernier frère Nicolas comme successeur.

Nicolas Ier 1825 – 1855 surnommé « tsar de fer ou le gendarme de l’Europe».

Marié à Charlotte (qui prend le prénom d’alexandra) fille du roi de Prusse Frédéric Guillaume III, il se sent proche de cette nation comme son père. Des guerres jalonnent son règne, couronnées de succès jusqu’à l’échec en Crimée

Alexandre II 1855 – 1881 le grand réformateur

Il fait son « grand tour » en Europe, tombe amoureux de la reine Victoria, et rencontre l’épouse que lui impose son père Maria Alexandrovna. C’est un tsar libéral qui abolit le servage en 1861, réorganise l’administration, la justice, l’armée, l’université. Mais il est seul face à la noblesse, les paysans et les intellectuels. Malgré cela il s’attire l’animosité des anarchistes et après plusieurs tentatives d attentats, meurt assassiné en 1881

Il aura 2 fils : Nicolas et Alexandre qui est très lié à son frère. Après la mort de Nicolas, Alexandre épouse sa fiancée Dagmar de Danemark qui prend le prénom de Maria.

Alexandre III 1881 - 1894

Il réprime les mouvements terroristes et conclu l’alliance franco-russe.

Nicolas II 1894 - 1917

Il tombe amoureux d’Alix de Hesse-Darmstadt, petite-fille préférée de la reine Victoria, dont la sœur aînée Elisabeth a épousé son oncle Serge. Son père ne trouve pas la famille d’assez haute lignée et, favorable à la France, ne souhaite pas une épouse allemande pour son fils de surcroît d’une famille éprouvant d’importants problèmes de santé (même si le terme d’hémophilie n’’est pas encore prononcé). Malade il cède à la demande de son fils. Alix deviendra Alexandre Feodorovna. Le mariage se fait après son enterrement. Mal organisé il tourne à la catastrophe, et les rancunes s’accumulèrent sur la nouvelle impératrice.

Ils auront 4 enfants dont le dernier seulement sera un fils dont on découvre qu’il est hémophile. Sa femme vire dans un mysticisme exagérée et le pousse à l’autocratie. Un destin tragique les attend.