Les comtes de SAVOIE installent leur maison 980 -1391

Cette maison a bénéficié de souverains, dont la longueur des règnes, pour la plupart, leur a permis de mettre au point stratégie politique et organisation administrative.  

La Savoie des premiers comtes X – XIIe siècles  

Les premiers comtes de la maison de Savoie poursuivront la même politique :

Dernière caractéristique qu‘ils légueront à leurs successeurs : l’ambition de jouer un rôle important à coté des plus puissants souverains, auxquels ils s‘uniront par mariage et relation de famille, et la volonté de participer aux grandes entreprises de l’époque et d’en tirer parti : croisades, lutte entre les Papes et l’Empire …  

Humbert 980 ? – 1048 ? Le premier  ancêtre connu est Humbert aux Blanches Mains, appelé comte Humbert. Il fonde cette dynastie à peu près à la même époque où Hugues Capet est élu roi.. Il a 4 fils : l’aîné Amédée I meurt sans enfant, laissant le pouvoir au cadet Odon  

Odon 1051 – 1060 va augmenter la puissance de la dynastie sur le versant oriental des Alpes en épousant Adelaïde de Suse, fille unique d’Ulric-Manfred, marquis d’Italie, et donc héritière. Ceci ouvre à la Savoie la route du Mont Cenis

Il accroît son prestige en mariant ses 2 filles : Berthe à l’empereur Henri IV, et Adélaïde à Rodolphe de Souabe, roi des Romains

Il meurt prématurément, mais laisse la régence à sa femme Adélaïde, la première de ces comtesses intelligentes  et énergiques qui jalonneront l’histoire de la maison de Savoie. A la mort de la régente, Henri IV, époux de Berthe estimait que le Piémont devait revenir à sa femme et le fit occuper. Dès lors cette zone restera toujours un terrain de reconquête et de maintien difficile.

Amédée II 1060 – 1086 et Humbert II 1086 – 1103 consolident ces acquisitions

Amédée III 1103 – 1148  long règne de 45 ans.

Par le mariage de sa sœur Adèle avec le roi de France Louis VI, il s’allie avec les Capétiens. C’est la 1e alliance matrimoniale franco-savoyarde. Mais le roi de France en tire prétexte pour revendiquer la dot de sa femme et prendre pied en Savoie.

Amédée doit lutter également contre son beau-père le dauphin Guigues dont il a épousé la fille Mahaut d’Albon

Humbert III 1148 – 1189 Il fut un redoutable homme de guerre soutenant le Pape Alexandre III contre l’empereur Barberousse. A la fin de sa vie la Savoie est encerclée par les vassaux dévoués à l’empereur, et Henri VI dirige contre elle une offensive. La paix signée avec Thomas, successeur de son père Humbert, mort entre temps facilitera le rapprochement. Mais la Savoie est en net recul sur le plan territorial  

L’essor territorial et l’organisation de l’Etat : XIII - XIVe siècles  

En l'espace de deux siècles, par une diplomatie habile, les comtes de Savoie vont pouvoir affirmer, conserver ou acquérir des territoires qui complètent admirablement leur domaine primitif, et enfin constituer un Etat avec lequel il faut compter et qui jouit auprès des trois puissances dominantes en Europe d'une autorité incontestable.  

Thomas I: 1189 – 1233. Il parvient très jeune au pouvoir et règne pendant 40 ans donnant un grand prestige à la Savoie. Il peut être considéré comme le 2e fondateur de la dynastie. Il agrandit le territoire en récupérant notamment les biens d’Adélaïde de Suse. Il fait de Chambéry la capitale du comté.

Sa prolifique famille (8 fils et 4 filles),lui permet de tisser des liens avec la plupart des maisons princières d’Europe : Flandre, Provence  

Amédée IV 1233 – 1253. A la mort de son père, il se montre habile avec ses frères pour éviter que la pratique des apanages ne disloque le domaine. Il dédommage ainsi Thomas et Pierre

Béatrice, une de ses sœurs épouse Raymond Bérenger de Provence. Elle fut mère de 4 reines dont la reine d’Angleterre. De cette époque datent les bonnes relations entre ce pays et la Savoie. Pierre, un des frères d’Amédée y exercera les fonctions de conseiller d’Henri III Plantagenêt.  

Boniface 1253 – 1263 fils d’Amédée, a un règne très court.  

Pierre II 1263 - 1268 : 8e fils du comte Thomas, recueille la couronne de Savoie. Il quitte l’église et épouse Agnès, la fille d’Aimon II de Faucigny, qui lui apporte en dot la baronnie.

Il introduit dans son domaine les institutions administratives dont il a constaté l’efficacité en Angleterre.  

Philippe I 1263 - 1285 : 8efils du comte Thomas, il lui succède pour la majeure partie des Etats. Mais Faucigny, le fief féminin, revient à Béatrice, fille de Pierre II et épouse du dauphin Guigue III. C’est une princesse énergique que l’on surnomme « la Grande Dauphine », qui se remaria avec Gaston de Béarn, après la mort de son 1e mari, et qui saura coaliser tous ceux qui s’inquiètent de la grande puissance de la maison de Savoie. Ceci rendit le règne de Philippe difficile et agité. Mais il a su profiter des dissensions des coalisés et préserver ses territoires. Il fut aussi un grand administrateur

Il meurt sans postérité. Selon la règle de dévolution, déjà appliquée précédemment, les petits neveux de Philippe sont «écartés » au profit de leur oncle Amédée, fils de Thomas, comte de Piémont.  

Amédée V Le Grand 1285 – 1323. Il règne aussi près de 40 ans. Il se concilie ses neveux et son frère Louis, mais se réserve l’hommage des fiefs en stipulant qu’ils ne pourraient pas être séparés du comté. Cependant il doit reprendre la lutte contre le Dauphiné avec le nouveau dauphin Humbert I, le comte de Genève et la Grande Dauphine. Il obtient de Béatrice de Faucigny et de son petit-fils Hugues tout droit sur la Savoie

Il épouse Sybille de Bagé qui lui apporte la Bresse en dot. Il s’allie tour à tour avec l’empereur et le roi de France et ratifie le choix de son aïeul Thomas I de faire de Chambéry le siège de son gouvernement.  

Edouard Le Libéral 1323 – 1329

Aimon, frère d’Edouard 1329 – 1343

Ils poursuivent tous les deux la même lutte pour maintenir l’unité de leur domaine, toujours en butte aux mêmes protagonistes.

 

L’extension de l’héritage : les deux derniers comtes.  

Amédée VI ou « le comte Vert » : 1343 – 1383. Le Dauphiné devient une redoutable menace, lorsque le dauphin, Humbert II, vend ses droits au roi de France. ( le Dauphiné devient l’ apanage du fils aîné du roi, qui prend ainsi le titre de « dauphin »).

Amédée entame des négociations avec le roi de France pour obtenir un échange de possessions permettant de ne pas avoir d’enclave au milieu de ses domaines. De plus il épouse Bonne de Bourbon, descendante de Saint Louis qui laissera le souvenir de l’une des plus remarquables princesses de la maison de Savoie.  

Amédée VII ou « le comte Rouge » 1383 – 1391. Il mène, avec sa mère, l’accroissement territorial dont le plus beau fleuron est l’acquisition du comté de Nice, disposant ainsi d’un port qui le libérait de son indépendance vis à vis de Venise ou de Gênes.

La mort prématurée du Comte Rouge ouvre une période difficile pour l’Etat de Savoie : affaibli par les dissensions internes entre les partisans de la duchesse-mère Bonne de Bourbon, désignée comme régente, et les partisans de Bonne de Berry, son épouse, la Savoie est aussi menacée de l’extérieur par les « oncles » de France : Berry, Anjou et Bourgogne