SAVOIE, du duché au royaume de Piémont-Sardaigne 1391 - 1720

Les régions composant le duché de Savoie constituent un axe stratégique à la croisée des routes entre Lyon et l’Italie et entre l’Allemagne et le sud méditerranéen ; ce qui attire la convoitise de ses voisins français et autrichiens.  

Amédée VIII 1391 – 1460 est fait duc par l’empereur Sigismond. Il su achever l’œuvre de son père, en réunissant le Piémont à la Savoie, soutenu par son épouse Marie de Bourgogne. A la mort de celle-ci, il abandonne le pouvoir et se fait moine. Il est appelé par les cardinaux qui l‘élisent pape en 1439 sous le titre de Félix IX. , mais renonce peu après.

Louis Ier 1440 - 1465son fils fait épouser à son fils Amédée IX, Yolande , fille de Charles VII, roi de France. Le jour du mariage il accueille le futur Louis XI, qui accompagne sa sœur, et fait célébrer le mariage de celui-ci avec sa fille Charlotte, malgré l’opposition de Charles VII.

 

L’époque des régentes :  

Amédée IX 1465 - 1472 Malade, il ne peut régner et c’est Yolande de France qui dirige le duché soutenu par son frère Louis XI contre les menaces de Philippe de Bresse. Elle cherche à manœuvrer entre Charles le Téméraire et Louis XI qui se font la guerre. Faite prisonnière par Charles, elle sera libérée par son frère qui exerce désormais un protectorat sur la Savoie.

A sa mort l’anarchie reprend sous les règnes de Philibert Ier et Charles Ier. C’est Blanche de Montferrat qui assure la régence pour son fils Charles II qui meurt à 21 ans. Sans postérité le duché passe entre les mains de Philippe de Bresse, mais son règne est de très courte durée (1496).

Philibert II le Beau 1497 – 1504 Son fils lui succède. Il épouse d’abord sa cousine Yolande de Savoie, issue de la branche aînée. Veuf, il se remarie avec Marguerite d’Autriche, sœur de Charles Quint qui exercera le pouvoir. A sa mort son demi-frère Charles lui succède.

Charles III 1504– 1553 le démembrement de la Savoie

Il doit d’abord faire face aux revendications de sa demi sœur Louise de Savoie. Puis, durant les guerres d’Italie, sa politique flottante entre François Ier et Charles Quint, (son beau-frère car il a épousé Béatrice de Portugal, sœur d’Isabelle épouse de Charles) aboutit à l’occupation de ses états de 1540 à 1550, par la France.

 

A la recherche d’un équilibre entre France et Espagne :  

Emmanuel-Philibert 1536 – 1580 Neveu de Charles Quint, il se met au servie de l’empereur qui le nomme capitaine général des Pays-Bas. Par sa victoire sur les Français, il récupère, au traité de Cateau-Cambrésis, ses domaines et la main de la fille de François Ier, Marguerite. Il installe sa capitale à Turin, ce qui marque sa volonté de conférer un destin italien au duché. Dès lors La maison de Savoie sera toujours à la recherche d’un équilibre entre les rois de France, Valois, puis Bourbons et les Habsbourg d’Espagne.

Charles-Emmanuel Ier 1580 – 1630 Il affirme son indépendance vis à vis de la France en repoussant l’idée d’un mariage avec Christine de Lorraine, sœur d’Henri III, et en s’unissant avec la fille de Philippe II, Catherine d’Autriche. A la suite d’un complot mené avec l’Espagne contre Henri IV, ce dernier envahi ses territoires. Il perd alors ses terres à l’ouest des Alpes. Il renoue avec la France par le mariage de son fils Victor-Amédée avec la sœur de Louis XIII, Christine de France et celui de son 5e fils Thomas, prince de Carignan avec Marie de Bourbon-Soissons (à la mort de son frère elle héritera des domaines de la famille ce qui incitera son mari à quitter le parti de l’Espagne pour celui de la France. De leur lignée descendent les rois d’Italie).  Pour ses filles il organise des mariages italiens : Marguerite et Isabelle épousèrent les héritiers de Mantoue et de Modène

 

Du duché à l’état piémontais :  

Victor-Amédée Ier 1630 – 1637 il reste l’allié de son beau-frère Louis XIII. A sa mort, Christine assure la régence et espère renforcer les liens avec la France en proposant sa fille Marguerite comme épouse du futur Louis XIV. Mais Mazarin préfère une alliance avec l’Espagne en la personne de l’infante Marie-Thérèse d’Autriche.

Charles-Emmanuel II 1638-1675  Fidèle à l’alliance française il épouse Françoise-Madeleine d’Orléans, nièce de Louis XIII. Veuf, il se remarie avec une cousine éloignée Marie-Jeanne de Nemours. A nouveau à sa mort sa veuve assure la régence et accepte le mariage de son fils Victor-Amédée avec une nièce de Louis XIV, Anne-Marie d’Orléans.

Victor-Amédée II 1675-1730 : Si Louis XIV pensait avoir soumis la Savoie à ses vues il n’en fut rien. Cela commence lors du décès de Thomas,  prince de Carignan. Son fils aîné Emmanuel-Philibert (sourd muet) avait hérité des biens en Savoie et son frère cadet le prince Eugène des biens de sa mère en France (Soissons). Emmanuel-Philibert est l’héritier présomptif de Savoie pour l’instant. Selon Louis XIV il serait exclu de la succession de par sa malformation à condition qu’il ne se marie pas et soit sans héritier. Pendant l’organisation de son propre mariage, Victor-Amédée organise en cachette celui de son cousin avec Catherine d’Este en Italie. Le couple aura un fils Victor-Amédée de Carignan ce qui garantit la succession de Savoie car à ce moment Victor-Amédée n’a que 3 filles.

Après la révocation de l’édit de Nantes les relations se détériorent. Victor-Amédée adhère à la ligue d’Augsbourg ce qui provoque l’invasion de la Savoie et de Nice. Il calme le jeu en se rapprochant à nouveau de Louis XIV, récupère Savoie et Nice. Ayant des vues sur le Milanais, il négocie l’appui du roi de France contre la cession à cette dernière de la Savoie et de Nice. Ce qui sera entériné par les traité de Pinerolo et de Turin (1660). Et, pour couronner le tout, il marie ses 2 filles avec deux des petits fils de louis XIV :

Mais, lors de la guerre de succession d’Espagne, Victor-Amédée est héritier présomptif en 4e position sue le testament de Charles II. De ce fait il adhère à la coalition anti-française. Après les défaites françaises, les traités d’Utrecht et de Rastadt permettent à Victor-Amédée de récupérer Nice et la Savoie, le Montferrat, et surtout la Sicile, avec le titre de roi. Trop éloignée pour la gérer, il l’échangera, en 1720, contre la Sardaigne. Dès lors le duché savoyard va prendre le titre de royaume de Sardaigne ou de Piémont-Sardaigne.