SAXE, l’arrivée de la dynastie des Wettin à la tête du nouveau duché de Saxe  (1356 - 1806)

Otton de Wettin  (1156 - 1190) dit Le Riche pour avoir fait exploité des mines.

Originellement Margrave de Misnie, seigneur de Wettin,lui et ses héritiers vont se montrer de fidèles soutiens de l’empereur, et leur politique matrimoniale va leur permettre de se lier avec les familles d’Autriche, de Bohême et de Bavière. Ils deviendront ainsi margrave de Basse-Lusace, landgrave de Thuringe et comte palatin de Saxe. Le partage de leurs domaines entre chaque fils entrainera des querelles. Leur destinée prendra son essor avec :

Frédéric IV Le Belliqueux   (1381 – 1428)

En 1422, à l’extinction de la maison d’Ascanie qui régnait sur la Saxe, l’empereur Sigismond attribue le titre de prince électeur à Frédéric IV ainsi que celui de duc de Saxe, sous le titre de Frédéric Ier .

Il marie ses filles à ses proches voisins : Brandebourg et Hesse et son fils à Marguerite d’Autriche.

Frédéric II Le Doux   (1428 - 1464)

Il va avoir deux fils Ernest et Albertqui dirigeront ensemble le duché. Mais, en 1485, ils prendront la décision de la « séparation de Leipzig » qui répartit le territoire entre les 2 branches.

La branche Ernestine

Ernest  (1464 – 1485)

Il garde la dignité de prince électeur. A chaque succession, le territoire est partagé et cela donnera à la fin du XVI"e> siècle un grand nombre de branches : Weimar – Eisenach – Gotha - Cobourg jusqu’à la maison de Saxe-Cobourg-Gotha qui va avoir une destinée royale par les unions matrimoniales qu’elle va nouer.

Jean Frédéric

En tant que prince protestant, il s’oppose à l’élection de Charles Quint. Il sera battu et l’empereur donnera le titre d’électeur à son cousin Maurice de Saxe

La branche Albertine récupère la dignité d’électeur :

Albert III dit le Brave  (1464 – 1500)

Il va au contraire éviter le morcellement en décrétant que seul le fils aîné sera héritier de l’intégralité des terres.

George le Barbu  (1500 – 1539)

Ses 2 fils mourants avant lui, il essaiera d’empêcher que son frère, aux convictions protestantes, ne lui succède.

Henri le Pieux  (1539 – 1541)

Il imposera le protestantisme comme religion d’état à la Saxe.

Maurice de Saxe  (1541- 1581)

Bien que luthérien, il préfère s’allier à Charles Quint et le soutenir dans son combat contre les princes allemands protestants dont son propre cousin Jean-Frédéric. En 1547, après la victoire de l’empereur, ce dernier lui confère le bonnet d’électeur et Dresde devient leur résidence. Ceci ne l’empêchera pas de s’éloigner de l’empereur, pour s’associer avec l’électeur palatin, celui de Brandebourg et le duc de Wurtemberg pour libérer son beau-père détenu par Charles Quint.

Auguste Ier  (1553 – 1586)

Il succède à son frère qui n’a pas eu d’héritier et épouse Anne de Danemark. En signant la paix d’Augsbourg il va asseoir sa puissance. Il devient le chef de la ligue évangélique pour le Saint-Empire,

Christian Ier  (1586 – 1591)

Il est marié à Sophie de Brandebourg qui exercera la régence de son fils aîné.

Christian II  (1591 – 1611)

Marié à Hedwige de Danemark, il n’aura pas d’héritier. Son frère lui succède.

La Saxe au cœur du conflit de la guerre de Trente Ans.

Jean-George Ier  (1611 - 1656)

Après la mort de l’empereur Mathias de Habsbourg sans héritier, il refuse d’être candidat au trône de Bohême. Bien que protestant (il est luthérien, et s’oppose aux calvinistes) il apportera son soutien aux Habsbourg lors de la guerre de Trente Ans dont la Saxe sera un des principaux champs de bataille en Allemagne, jusqu’à la paix de Westphalie en 1648.

Jean-Georges II  (1656 – 1680)

Il va s’employer à restaurer l’économie et redonnera du faste à la cour de Dresde lors du mariage de sa fille Sophie avec Christian Ernest de Brandebourg.

Jean Georges III  (1680 – 1691)

Il épouse Anne-Sophie de Danemark. Ils auront 2 garçons Jean-Georges et Frédéric-Auguste qui feront un tour d’Europe des cours royales.

Jean-Georges IV  (1691 – 1694)

Il épouse une cousine, Eléonore de Saxe-Eisenach. Mais la liaison extra conjugale du duc lui sera fatale (meurt de la variole) et Frédéric-Auguste succède à son frère.

La Saxe et le trône de Pologne :

Frédéric Auguste Ier  (1694 – 1733)

Le roi de Pologne meurt en juin 1696. Si tous les pays cherchent à y placer un candidat de leur choix, il y a déjà un moment que le père de Frédéric Auguste avait négocié un traité avec l’électeur de Hanovre pour que la couronne échoie à la maison de Wettin. Frédéric s’assure des appuis de l’empereur et du tsar Pierre Ier. Il se convertit au catholicisme, condition essentielle pour être éligible. Mais ce n’est pas lui qui est élu. ! Qu’à cela ne tienne, il fait recommencer les élections, et, le 15 septembre 1697, il est élu et couronné roi de Pologne sous le titre d’Auguste II.

Le mariage de son fils a été longuement négocié : quittant les alliances avec des états protestants comme le Danemark: il se lie aux Habsbourg par le mariage de son fils avec Marie Josèphe de Habsbourg, fille de Joseph Ier.

Signalons qu’il est le père du maréchal Maurice de Saxe, célèbre militaire qui combattra aux cotés de Louis XIV.

En 1704, évincé de son trône polonais par le roi de Suède Charles XII, il s’allie avec le Danemark et la Prusse pour le chasser. Il est rétabli par le tsar Pierre Ier en 1709. Ils se rencontreront pour organiser le mariage du fils de ce dernier avec l’une de ses nièces.

Frédéric II Auguste  (1733 – 1763) roi de Pologne Auguste III

Son irrésolution pousse les polonais à choisir Stanislas Leczinski comme roi ce qui entraîne la guerre de succession de Pologne. L’Autriche et la Russie le replacent sur le trône à condition qu’il reconnaisse la Pragmatique Sanction, se soumette à la Russie et abandonne la Courlande.

Pendant la guerre de succession d’Autriche et la guerre de sept ans, la Saxe et la Bavière seront les centres des principaux affrontements : les armées prussiennes prenant en otage la famille royale. Il avait pourtant trouvé des partis de choix pour ses enfants :

Frédéric Christian lui succède 74 jours avant de mourir. Son frère Xavier assure la régence avant la majorité de son fils aîné Frédéric Auguste III. Il va avoir 3 fils : Frédéric-Auguste, Antoine et Maximilien qui lui succéderont.

Frédéric Auguste III  (1768 – 1836)

Il régnera 58 ans. Il refuse en 1791 le trône de Pologne et reste neutre autant que faire se peut pendant la révolution française. Fidèle allié de Napoléon, il va être fait roi de Saxe par ce dernier en 1806 sous le nom de Frédéric Auguste Ier dit le Juste.