Les Hohenzollern de Brandebourg installent leur puissance territoriale 1415 - 1688

 

Frédéric Ier 1415-1440

Il a du mal à installer son autorité face à la coalition des ducs de Poméranie, de Mecklembourg et du roi de Pologne Ladislas II. Pour détacher le roi de Pologne de la coalition, il conclut avec lui un traité d’alliance scellé par les fiançailles de l’héritière de Pologne Hedwige avec le 2e fils de Frédéric Ier. Le projet de mariage n’aboutit pas : Ladislas finissant par avoir un héritier et Hedwige mourant par la suite. Le roi de Pologne renoue avec ses anciens coalisés.

Les relations avec l’empereur Sigismond se dégradent provoqués par le projet de mariage, l’échec de Frédéric Ier face à la rébellion des hussites et le problème de la succession de Saxe en 1422 à la mort d’Albert III. Le fils de Frédéric Ier, Jean, marié à sa nièce Barbara réclame une part de l’héritage. L’empereur refuse et l’octroie à Frédéric le Belliqueux qui installe la dynastie des Wettin sur le duché. Ceci n’empêchera pas de nombreux mariages entre les 2 familles.

Frédéric  finit par abandonner le Brandebourg à son fils Jean et retourne en Franconie.

Jean l’alchimiste gouverne le Brandebourg de 1426 à 1437. Les difficultés qu’il rencontre face aux Hussites l’amène à renoncer à succéder à son père. Frédéric Ier décide par  testament :

 

Frédéric II « l’homme de fer » 1440-1470

Il refuse d’être candidat à la succession de Ladislas II, roi de Pologne, ainsi qu’à la couronne de Bohême et il pacifie les relations avec le Mecklembourg et la Poméranie qui devient en 1466 un état vassal. Il achète aux chevaliers teutoniques la «nouvelle marche ».

A la mort de son fils unique et devant la reprise des hostilités avec la Poméranie, il abdique en faveur de son dernier frère Albert.

 

Albert III-Achille « l’affirmation de la primauté du Brandebourg » 1471-1486

De ses 2 mariages il a 3 fils : Jean-Cicéron, Frédéric et Sigismond. Il établit des règles successorales « dispositio Achilea » pour l’ensemble des possessions Hohenzollern, de façon définitive.

En 1457, il marie son fils aîné Jean Cicéron avec Marguerite, fille de l'électeur Frédéric III de Saxe, héritier des droits de succession sur la Hongrie et la Bohême, et petite-fille de l'empereur Sigismond. Cela ne lui sera d’aucun profit.

 

Jean-Cicéron « la stabilisation du Brandebourg » 1486 – 1499 :

il fait de Berlin la capitale du Brandebourg.

 

Joachim Ier  Nestor le dernier Hohenzollern catholique 1499-1535

Les Hohenzollern de Souabe et de Franconie se sont convertis aux idées de Luther. Joachim reste catholique mais son épouse Elisabeth, sœur du roi de Danemark  Christian II se convertit. Enfermée par son mari elle s’enfuit et trouve refuge chez son cousin Jean électeur de Saxe. Il fait jurer à ses 2 fils de rester fidèles à la foi catholique, ce qu’ils ne feront pas.

Il modifie les dispositions successorales et attribue à son 2e fils Jean (Hans) un apanage autour de Kûstrin.

 

Joachim II 1535-1571

Il épouse Madeleine, fille de Georges le Barbu duc de Saxe albertine. Veuf il se remarie avec  Hedwige, fille du roi de Pologne Sigismond, catholique. Son beau-père lui donne l’investiture éventuelle sur la Prusse ainsi qu’à son cousin Albert-Frédéric.

 Il se tient éloigné des conflits entre Charles Quint et les princes protestants, alors qu’il l’est lui-même devenu ainsi que son frère.

 

Jean II- Georges 1571-1598

A la mort de son oncle Jean, il réunit les territoires. Hans n’avait eu que 2 filles : Elisabeth avait épousé la margrave d’Ansbach renforçant les liens avec la Franconie et Catherine venait d’épouser l’héritier du Brandebourg Joachim-Frédéric.

De ces 3 mariages il aura 11 enfants dont 3 fils à sa mort. Il prend des dispositions pour mieux doter les cadets que ce que prévoyaient les dispositions d’Achille.

 

Joachim III Frédéric 1598-1606

Il se rend auprès de Georges Frédéric margrave d’Ansbach et Bayreuth, sans héritier, pour conclure un pacte de famille qui conclut à l’indivisibilité du margraviat avec succession par ordre de primogéniture y compris pour la partie franconienne.

  

Jean III-Sigismond « duc en Prusse » 1608-1619

Si sa mère est issue des Brandebourg-Kûstrin, il a pour sa part épousé Anne de Prusse, dont il va hériter à la mort de son beau-père. Au nom de sa femme il intervenir dans la succession de Clèves-Juliers.

L’incorporation de la Prusse

En 1511, Albert de Brandebourg-Ansbach, dernier fils de Frédéric IV, fut choisi comme grand-maître de l’ordre des chevaliers teutoniques dont les possessions se trouvaient en Prusse. En 1525, il se convertit au luthéranisme ce qui entraîna la sécularisation des biens de l’ordre. Le roi de Pologne, dont cette partie de Prusse orientale dépendait, le déclare duc en Prusse, et lui transmet ce territoire à titre héréditaire, transmissible en ligne directe et collatérale. Le nouveau duc épouse Anne-Dorothée, fille du roi de Danemark Christian II dont il a un fils Albert-Frédéric de faible santé mentale. Ce dernier va avoir plusieurs filles dont l’une Eléonore va épouser son cousin Joachim III - Frédéric de Brandebourg. Il va assurer la tutelle du duché de Prusse, avec l’accord du roi de Pologne, moyennant finances. A sa mort la tutelle revient à son gendre Jean III Sigismond de Brandebourg qui est marié à la sœur aînée d’Eléonore Anne de Prusse ! En 1618, à la mort d’Albert-Frédéric, la souveraineté sur la Prusse lui échoit tout naturellement.

 

Georges-Guillaume Ier 1619-1640

Sa mère joue un rôle important du fait de son état de santé. Elle marie sa fille Marie-Eléonore au roi de Suède Gustave-Adolphe. Pour son fils, elle lui fait épouser Elisabeth de Bavière, sœur de l’électeur palatin Frédéric V dont l’élection au trône de  Bohême va déclencher la « guerre de trente ans ». Lorsqu’il vient se réfugier à sa cour, Georges-Guillaume ne souhaitant pas les conflits lui conseille de se rendre ailleurs. Mais sa neutralité n’empêcha pas les troupes de ravager son pays. Il finit par rallier le camp de l’empereur, mais son beau-frère, le roi de Suède le fait céder et il se range à  ses côtés. Il meurt avant la fin du conflit.

 

Frédéric-Guillaume « le grand électeur » 1640 - 1688

Envoyé faire ses études à La Haye, il y épouse Louise-Henriette d’Orange-Nassau. Il poursuivra les pourparlers de paix déjà entamés en 1641. A la paix de Westphalie, il réclame la Poméranie dont il était propriétaire en tant qu’héritier du dernier duc mort sans enfant. Il obtient la partie orientale, le reste revenant à la Suède. Il dote son pays d’une armée permanente. Vainqueur des polonais il obtient leur renonciation à la suzeraineté sur le duché de Prusse (1660).

 

Frédéric III duc en Prusse 1688 - 1700

Il succède à son père, son frère aîné étant mort avant lui. Lui aussi fit casser les clauses testamentaires de son père qui comptaient doter les enfants nés de son 2e mariage et établit en 1692 un « statut de famille ».

Il ambitionnait, comme son père, d’obtenir de l’empereur le titre de roi qu’il avait déjà octroyé à l’électeur de Saxe Auguste Ier, et il savait que Georges de Hanovre était appelé par l’Angleterre pour y régner en tant que descendant des Stuart. L’empereur d’abord peu favorable, car Fréderic était protestant finit par céder en 1700 lorsqu’il eut besoin de son soutien pour la succession de Charles II d’Espagne et le nomme « roi en Prusse ».