LA FLANDRE : des redoutables et turbulents vassaux 918 - 1280

 La naissance du comté de Flandre : un mariage d’amour

Charles le Chauve régnait sur la France occidentale. Il avait une fort jolie fille, Judith, qu'il avait donnée à 12 ans en mariage au roi anglo-saxon Ethelwolf. Celui-ci très âgé mourut rapidement. Puis elle fut mariée au fils de ce dernier, qui succomba aussi rapidement. A 17ans, veuve elle retourna chez son père qui envisagea alors pour elle d’autres alliances politiques. Mais le comte de Flandre, Baudouin 1er Bras de Fer, qui avait appris sa beauté, réussit à la rencontrer, et elle répondit à son penchant. Sachant que son père désapprouverait son mariage, car le comte de Flandre n’était pas d’un rang suffisant pour une princesse royale, ils se sauvèrent. Charles Le Chauve déchu Baudouin de tous ses pouvoirs. Mais après bien des négociations il se résigna à l’accepter pour gendre et le mariage eut lieu en 862.

A sa mort en 879, il laissait à son fils Baudouin II , le Courtraisis, Waas, Le Gantois, et le comté de Flandre qui n’était à l’époque qu’une mince bande côtière

Baudouin II eut à lutter contre les vikings et parvint à conquérir des territoires vers le sud (Tournaisis, Boulonnais, Ternois). La Flandre devint la dénomination de tous les territoire soumis à l’autorité du comte. Les rois de France durent accepter le fait accomplit

En 918, à sa mort ses 2 fils, Arnould et Adalophe, issus de son 1er mariage avec une des filles d’Alfred Le Grand, se partagèrent le comté ; pour peu de temps car Adalophe mourut et Arnould Ier reconstitua l’unité de la Flandre. Il fuT l’un des princes les plus puissants de son époque, consulté tant par le roi de France que l’empereur (Otton Ier).

 

Le comte de Flandre, vassal de deux suzerains dont aucun n’est son maître :

Le comté est démembré en 989 à la mort d’Arnoul II, lorsque sa veuve Suzanne dite Rosale épouse le roi de France Robert II, apportant l’Artois au domaine royal.

Baudouin IV sut redresser la situation, et à la mort de l’empereur Otton III il essaya de s’emparer des territoires de l’autre coté de l’Escaut. Il réussit à résister à une première coalition de l’empereur Henri II, du roi de France Robert et de Richard, duc de Normandie, mais la seconde fois il dut rendre Valenciennes. Cependant, Henri II se trouvant face aux révoltes des comtes de Louvain et de Hainaut, finit par lui recéder les territoires. Baudouin IV se trouvait ainsi le vassal du roi de France et de l’empereur ; ce qui laisserait aux comtes suivants une belle liberté de manœuvre.

 

L’union de la Flandre et du Hainaut :

Baudouin V dit de Lille ou Le Pieux poursuivit la politique d’expansion de son père en mariant ses 2 fils

Il renforça ses alliances en. devenant le :

 

Séparation de la Flandre et du Hainaut :

Baudouin VI ne régna que 3 ans, et sa veuve Richilde, comtesse de Hainaut assura la régence du très jeune Arnould III. Mais les vassaux se rebellèrent, et en 1071, Robert le Frison, frère de Baudouin VI dirigea la révolte et triompha de la coalition menée contre lui par les rois de France et d’Angleterre. Il fit cependant allégeance au roi de France et lui donna en mariage sa belle-fille Berthe de Hollande !

Richilde en appela à l’empereur, et un accord finit par avoir lieu : le Hainaut fut donné au 2e fils de Richilde, Baudouin (Baudouin II), qui renonça à ses droits sur la Flandre.

Robert s’employa à faire régner le calme sur ses territoires, pour permettre le développement de l’activité économique. En 1086 il entreprit un pèlerinage en Terre Sainte.

Robert II, son fils Baudouin VII continua l’œuvre de son père et fut un des premiers à répondre à l’appel du pape Urbain II. Ce mouvement des croisades auquel participèrent par la suite de nombreux nobles de cette région permit de s’ouvrir vers le commerce méditerranéen et de mettre en place des échanges commerciaux.

Sans enfant il désigne Charles le Bon, fils de sa sœur Adèle qui a épousé Cnut, roi de Danemark. Mais Charles est assassiné et le comté est revendiqué par un autre petit-fils de Robert le Frison : Thierry d’Alsace, tandis que le roi de France soutien les droits du neveu de Baudouin, Guillaume Cliton, petit fils de Mathilde de Flandre.

 

La Flandre se rebelle contre la France :

le roi de France Louis VI, convoque les nobles de Flandre et leur impose comme successeur, Guillaume Cliton, duc de Normandie et petit-fils de Baudouin V. Mais son gouvernement fut mal reçu et les villes se soulevèrent soutenant comme successeur, Thierry d’Alsace, autre petit-fils de Robert le Frison. Les nobles flamands et le roi de France luttèrent contre les villes soutenues par le roi d’Angleterre (qui préférait défendre le commerce avec la Flandre, que soutenir son neveu !). La mort de Guillaume Cliton fit cesser le conflit, et Thierry d’Alsace devint comte de Flandre.

Son fils Philippe poursuivit la politique d’expansion des territoires

Louis VII lui confia la tâche d’éduquer son héritier, le futur Philippe Auguste. Espérant avoir la tutelle sur le jeune roi il lui donne en mariage sa nièce Isabelle de Hainaut, lui constituant comme dot l’Artois. Philippe Auguste peut, par ce mariage échapper à l’emprise du clan champenois de sa mère, mais bien vite, il décide d’éliminer l’influence de Philippe d’Alsace sur les affaires du royaume.

Le conflit qui l’opposa au roi de France, surgit à la mort de sa femme Isabelle et la succession du  Vermandois

 

Le comté se transmet désormais par les femmes :

Le HAINAUT  et la FLANDRE à nouveau réunis

A sa mort en 1191, à Saint-Jean d’Acre, le comte de Hainaut, Baudouin V, son gendre, s’empressa de se faire reconnaître par les villes flamandes, sous le titre de Baudouin VIII, pour éviter toute tentative d’annexion par Philippe Auguste.

Baudouin VI de Hainaut, IX de Flandre, son fils, tient à nouveau les 2 comtés lorsqu’il part à la croisade et devient empereur de Constantinople. Il meurt en laissant 2 filles : Philippe de Namur, frère de Baudouin, régent du comté commit l’erreur de confier au roi de France les 2 filles de Baudouin : Jeanne et Marguerite.

Deux femmes à la tête du comté

En 1244, à la mort de sa soeur, elle hérite du Hainaut et de la Flandre. Elle envisage alors de déshérter les enfants de son premier mariage, déclarés illégitimes

Le roi de France règle par deux fois le conflit  et le partage entre Flandre et Hainaut

Ces derniers eurent recours à l'arbitrage du pape et de Saint Lous. Celui-ci, par le dit de Péronne, en 1256, laissa aux Avesnes la possession du Hainaut et aux Dampierre celle de la Flandre. Mais cela ne satisfait personne. C'est la lutte entre les Dampierre et les Avesnes

Dix  ans après, en 1256, à lissue de cette guerre familiale, Louis IX réitère sa décision que les protagonistes acceptent enfin. Les deux comtés Hainaut et Flandre seront séparés à la mort de Marguerite en 1280.