Les Orléans « une famille en quête d’un trône » 1830 -1848

 

Philippe d’Orléans frère de Louis XIV :

Branche cadette des Bourbons, le titre de duc d’Orléans a été donné par Louis XIII à son 2e fils Philippe. Malheureusement pour ce denier, son oncle Gaston, qui portait le même titre, n’avait pas laissé de bons souvenirs, passant son temps à comploter contre son frère Louis(XIV) du temps de la Fronde. Longtemps élevé par des femmes, Mazarin va laisser ce penchant féminin se développer pour le tenir éloigné des affaires du royaume.

 

Ses  2  mariages : Louis décida par deux fois du mariage de son frère. Anne de Gonzague se charge des pourparlers. En 1661, il épouse Henriette d’Angleterre, sœur du roi Charles II. Sa mort dans des circonstances troubles, déclenche des rumeurs. Il fallut songer à le remarier ; Anne de Gonzague proposa sa propre nièce : Charlotte-Elisabeth de Bavière.

Ses enfants vont être utilisés pour des mariages plus odieux les uns que les autres. Ceux qu’il a eus avec Henriette

 

Ceux qu’il aura avec la Palatine ne seront pas mieux lotis :

Il contesta le testament de Charles II qui faisait du fils cadet de Louis XIV son successeur, alors qu’il avait des droits sur la couronne qu’il tenait de sa mère.

 

Une première fois très prête du trône avec la régence de Philippe d’Orléans : 1715 – 1723 :

Entre 1711 et 1712 une suite de deuils rend la succession de Louis XIV délicate. Bien qu’il nomme Philippe à la tête du conseil de Régence, il lui impose ses fils bâtards. A la mort de Louis XIV il met le Parlement de son coté pour casser le testament et obtenir la liberté au conseil de régence face aux princes illégitimes. Craignant que Philippe V d’Espagne, ne revendique le trône de France s’il arrive malheur à Louis XV, il va conclure en 1717 la Triple alliance avec l’Angleterre et les Pays-Bas. Mais cela ne l’empêche pas de se tourner vers l’Espagne pour marier son neveu :

 

Le mariage de Louis XV :

A partir de 1720 les relations entre l’empereur Charles V et le roi d’Espagne Philippe V se stabilisent : le premier reconnaît le nouveau roi espagnol et donne à son fils Charles, issu du mariage avec Elisabeth Farnèse, la succession de Parme, Plaisance et la Toscane, en contrepartie Philippe V renonce à toutes prétentions sur le reste de l’Italie et les Pays-Bas. Dans la foulée l’Angleterre, la France et l’Espagne se réconcilient par le traité de Madrid (1721). De nouvelles alliances doivent sceller ces accords :

 

son héritier Louis épouse l’une des filles du Régent : Louise-Elisabeth, Mlle de Montpensier et sa sœur Philippine est fiancée au frère cadet Carlos. En 1724, Philippe V abdique en faveur de Louis qui meurt 6 mois après. Les espoirs des Orléans à la cour d’Espagne s’envolent. A la mort du Régent, le duc de Bourbon son successeur, voulant éviter que Louis d’Orléans succède comme régent si Louis XV mourrait sans enfant, renvoie la jeune princesse en Espagne. Devant ce camouflet, Louise-Elisabeth et sa sœur seront renvoyées en France.

 

Sa propre famille ne va lui apporter des déboires :

  • Louis, duc Chartres faillit être marié à la fille aînée de Pierre le Grand : Elisabeth. Mais, apprenant qu’il ne serait que prince consort et qu’il ne serait pas doté du royaume de Pologne, le régent ne donna pas suite. Louis épouse Jeanne de Bade
  • Charlotte-Aglaé, Mlle de Valois très éprise du maréchal de Richelieu refuse de se marier : les pourparlers échouèrent avec le roi de Sardaigne, d’autres connaissant son passé sulfureux refusent. Contre la vie sauve de son amant elle accepte d épouser François-Marie d’Este, fils du duc de Modène, le plus médiocre des candidats.
  • Marie-Louise-Elisabeth épouse Charles, duc de Berry, dernier petit-fils de Louis XIV
  • Louise-Elisabeth, Mlle de Montpensier épouse l’infant Louis Ier.
  • Philippine-Elisabeth, Mlle de Beaujolais est fiancée à l’infant Carlos, frère de Louis.
  • Louise, Mlle de Chartres, épouse Louis-François de Bourbon, prince de Conti

 

Louis le pieux :

 à la mort de son père, le titre de régent aurait du lui revenir. Mais peu malin, il se fait souffler la place par son cousin le duc de Bourbon. De son mariage il a un fils et une fille.

 

Louis-Philippe le gros

Sa mère lui trouve comme épouse la trop jolie Louise de Conti. Ils vont avoir un fils Philippe et une fille Bathilde.

 

Louis-Philippe dit Philippe Egalité :

Il lui faut une épouse. Son père lorgne sur l’héritage du duc de Penthièvre, héritier des 2 branches bâtardes de Louis XIV : Maine et Toulouse (les 2 frères de Mlle de Blois, épouse du régent). Ce duc à une fille Louise-Marie-Adélaïde et un fils le duc de Lamballe qui épousera Marie-Thérèse de Carignan (future amie de Marie-Antoinette) mais mourra sans héritier. Ce mariage scelle la réconciliation des 2 familles de Louis XIV, comme le mariage de Bathilde avec son cousin de Bourbon-Condé. Ces derniers donneront naissance à un garçon titré duc d’Enghien qui sera fusillé par Napoléon Ier. Philippe finit par avoir aussi un fils Louis-Philippe ;

Exilé d’abord par Louis XV, il devint un adversaire de Marie-Antoinette et se posa en chef de l’opposition. Elu à la convention il prend le titre de Philippe-Egalité et vote la mort de Louis XVI. La fuite de son fils avec le général Dumouriez après la défaite de Neerwinden, le rende suspect et le mène à la guillotine.

 

Comment la couronne échoie à la famille d’Orléans 

Louis-Philippe :

Après s’être réfugié en Allemagne, il gagne les Etats-Unis en 1797 puis s’installe en Angleterre en 1801. Amené à se rendre en Sicile il y rencontre sa future épouse Marie-Amélie qui lui donnera une importante descendance. Louis XVIII ne l’autorisera à rentrer en France qu’en 1817.

Après la période de la révolution française et l’empire, le comte de Provence, frère de Louis XVI revient sur le trône sous le titre de Louis XVIII 1814 – 1824. Sans enfant, son frère le comte d’Artois Charles IX lui succède 

Il a eu 2 fils. La succession semble assurée. Mais les Orléans les ont devancés : ils ont déjà 2 fils.

 

Charles X a laissé la direction des affaires à Polignac, un ultra conservateur, qui provoque la révolution «  les 3 glorieuses ». Il abdique en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux, mais mené par Thiers, les libéraux proposent la couronne à Louis-Philippe d’Orléans.

 

Enfin la couronne comme « roi des Français » : 1830 - 1848

Au soir du 30 juillet 1830 il adhère au drapeau tricolore et se laisse proclamer « roi des Français » le 7 août.

Lorsque naît son 1er petit-fils il cherche un titre qui parle au peuple français : il lui donne le titre de comte de Paris.

 

La mort de l’héritier - 1842 : un banal accident de calèche cause la mort de Ferdinand, prince populaire et libéral. Son fils n’a que 4 ans. Il faut envisager une régence si le roi meurt avant la majorité de cet enfant. Les députés pensent à une régence élective soit en faveur des ducs d’Aumale ou de Joinville, populaires eux aussi ou même la duchesse d’Orléans aussi libérale que Ferdinand. Mais Le roi désigne le duc de Nemours, le plus étroit d’idées et le plus impopulaire.

 

L’affaire des mariages espagnols – 1846

En Espagne, Ferdinand VII à donné la couronne à sa fille Isabelle II au détriment de son frère Carlos. Elle et sa sœur Louise-Fernande sont à marier. Louis Philippe, grand-oncle par alliance, va soutenir les partisans d’Isabelle. Mieux encore, il va intervenir dans leur mariage. Il se propose de lui faire épouser son fils Louis-Philippe d’Orléans. Mais l’Angleterre qui veille à empêcher une trop grande alliance Espagne-France propose à son tour Léopold de Saxe-Cobourg. Louis-Philippe renonce et incite Isabelle à épouser son cousin François d’Assise, dont l’homosexualité est connue de tous et Louise-Fernande épouserait Antoine, duc de Montpensier, dernier fils du roi après que le 1er mariage ait donné un héritier ! (clause imposée par l’Angleterre). Devant la lenteur anglaise qui penchait toujours pour un Saxe-Cobourg, le roi imposa le mariage simultané des 2 sœurs en 1846.

 

La chute de la monarchie : le conservatisme du ministre Guizot qui refusait toute réforme électorale provoqua sa chute après la campagne des banquets. Il signa son abdication en faveur de son petit-fils, que la chambre des députés refuse ; Il part se refugier en Angleterre.

C’en est fini des Orléans et de la monarchie capétienne.