LES BOURBONS l’affirmation de la monarchie et la chute 1589 - 1791

Henri IV : 1589 - 1610

Il faut un moment au nouveau roi de France pour s’imposer dans son royaume après sa conversion. Puis, il cherche à enraciner sa maison en commençant par établir plusieurs projets matrimoniaux pour sa sœur Catherine de Bourbon.

Ensuite, il se cherche une nouvelle épouse pour avoir un héritier et fonder une dynastie. Il regarde du coté des prétendantes catholiques non liées aux Habsbourg. Comme il était très endetté auprès du grand duc de Toscane, il envisage d’épouser une de ses parentes : Marie de Médicis. Ils se marièrent en 1600.

Le double mariage :

Ensemble ils cherchèrent à nouer de belles alliances pour renforcer leur prestige.

Henri IV était sur le point d’entrer en guerre contre les Habsbourg et la perspective du mariage espagnol était écartée. Mais il fut assassiné et Marie de Médicis, devenue régente cherche la tranquillité extérieure et impose les alliances espagnoles en 1615 :

Louis XIII 1610 - 1643

La Savoie et la France s’allient contre les Habsbourg d’Espagne lors de la guerre pour la succession de Mantoue. Lorsque en 1617, Louis XIII accède au pouvoir, il reprend les projets avec la Savoie et sa sœur, Chrétienne de France, épouse Victor-Amédée de Savoie, fils de Charles-Emmanuel I. (La Savoie a des liens avec l’Espagne par le mariage de Charles Emmanuel I avec Catherine d’Espagne). C’est une façon pour Louis et le duc de montrer leur indépendance.

Le mariage de Gaston :

le frère de Louis XIII, passa sa vie à conspirer contre son frère puis contre sa belle sœur pendant la régence. En 1626, à l’issue d’une conspiration manquée, Richelieu l’oblige à épouser Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier, héritière d’une immense fortune qui va ainsi échoir à la famille royale.

Le Roussillon entre définitivement dans les frontières françaises en 1642 à l’issue de la guerre de Trente Ans.

Une catholique parmi les protestants :

Le roi Jacques I Stuart cherchait une épouse pour son fils le futur Charles I d’Angleterre. Les négociations avec l’Espagne ayant échoué il se tourna vers la France et Henriette, sœur de Louis XIII. Il fallut inclure dans le contrat de mariage des garanties pour la liberté de culte catholique de la future reine Henriette de France. Mais le mariage resta impopulaire, et Charles Ier finit guillotiné. (glorieuse révolution)

La régence d’Anne d’Autriche  et la mariage de Louis.

Malgré son origine, la régente poursuivit la politique de Louis XIII et de Richelieu, ce qui signifiait la guerre contre les Habsbourg d’Autriche et d’Espagne. Lorsque les «grands» finirent par être matés lors des épisodes des 2 frondes, l’armée française put faire face aux armées espagnoles qui furent battues par Turenne en 1657. Philippe IV signe le traité des Pyrénées (1659) scellé par le mariage de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse que son père oblige à renoncer à ses droits sur la couronne espagnole. (ils sont cousins germains)

 

Louis XIV 1643 - 1715

Le roi mena tout d’abord une politique orientée vers le prestige de la France face à l’empereur. Il chercha par tous les moyens à nouer des relations et à sceller des unions pour avoir des alliés en cas de conflit.

Le mariage de ses cousins : les enfants de son oncle Gaston sont utilisés pour tisser des liens principalement en Italie pour limiter l’influence austro-espagnole.

Les mariages de son frère : Louis décida par deux fois du mariage de son frère Philippe d’Orléans. Anne de Gonzague se charge des pourparlers. En 1661, il lui donne pour épouse Henriette d’Angleterre. Après avoir soutenu Cromwell, le retour des Stuart sur le trône incite Louis XIV à renforcer l’alliance avec Charles II. En 1670, Louis XIV confie à sa belle-sœur une négociation secrète avec son frère Charles II, pour aboutir au traité de Douvres : un accord contre les Pays-Bas Elle meurt dès le retour de son ambassade, ce qui déclenche des rumeurs d’empoisonnement. Il fallut songer à son remariage ; Anne de Gonzague se remit au travail et proposa sa propre nièce : Charlotte-Elisabeth de Bavière.

La guerre de Dévolution : Philippe IV, roi d’Espagne meurt en 1665. Son petit-fils Charles II lui succède. Louis XIV s’appuie sur une loi du Brabant dite de Dévolution qui prévoit que les enfants issus d'un premier mariage (en l'occurrence, Marie-Thérèse, son épouse) soient les seuls héritiers de leurs parents au détriment des enfants nés d'un second mariage (en l'occurrence, Charles II). Il réclame ainsi les Pays-Bas espagnols. Marie-Thérèse a bien renoncé à toutes prétentions sur les possessions espagnoles mais sa dot n’a pas été versée. Face à une triple alliance entre Espagne, Angleterre et la Suède Louis XIV signe la paix d’Aix la Chapelle (mai 1668). Il garde des possessions dans le Hainaut et la Flandre dont Lille.

 

La Franche-Comté devient définitivement française : en concurrence commerciale maritime avec les Pays-Bas, Louis XIV entame une nouvelle guerre dite de « Hollande ». Elle se termine par les traités de Nimègue en 1678/79 où, si Louis XIV doit restituer les terres occupées, il  reçoit de l’Espagne la Franche-Comté et à la Flandre méridionale.

 

Les unions d’après guerre : la période de paix qui suit va relancer les alliances matrimoniales :

 Mais, la révocation de l’Edit de Nantes émeut l’Europe qui se coalise au sein de la ligue d’Augsbourg (1689 à 1697) : d’abord guerre maritime pour soutenir Jacques II, roi d’Angleterre qui venait d’être détrôné par son gendre et sa fille, elle se poursuit par la guerre du Palatinat, au nom de la belle-sœur de Louis XIV, et se termine par la paix de Ryswick.

La succession de Louis XIV :

Son règne va s’achever sur une succession de deuils : son fils aîné, l’aîné de ses petits-fils, et l’aîné de ses arrières petits-fils, meurent entre 1711 et 1712 et rend sa succession délicate. Il va marier ses enfants illégitimes et obliger son neveu Philippe d’Orléans, duc de Chartres, qu’il nommera à la tête du conseil de Régence, à épouser sa 2e fille Françoise-Marie de Bourbon titrée Mlle de Blois. Ceci tendait surtout à abaisser la maison d’Orléans dans la course à la succession.  

La Régence 1715 – 1723 :

Philippe d’Orléans après avoir mis le Parlement de son coté pour casser le testament de Louis XIV et obtenir la liberté au conseil de régence face aux princes illégitimes, va, craignant au plus haut point, que Philippe V d’Espagne, revendique le trône de France s’il arrive malheur à Louis XV, renverser les alliances et conclure en 1717 la Triple alliance avec l’Angleterre et les Pays-Bas. Mais cela ne l’empêche pas de se tourner à nouveau vers l’Espagne.

Le mariage de Louis XV :

A partir de 1720 les relations entre l’empereur Charles V et le roi d’Espagne Philippe V se stabilisent : le premier reconnaît le nouveau roi espagnol et donne à son fils Charles, issu du mariage avec Elisabeth Farnèse, la succession de Parme, Plaisance et la Toscane, en contrepartie Philippe V renonce à toutes prétentions sur le reste de l’Italie et les Pays-Bas. Dans la foulée l’Angleterre, la France et l’Espagne se réconcilient par le traité de Madrid (1721). De nouvelles alliances doivent sceller ces accords :

Mais, après la mort du Régent, la trop grande jeunesse de l’infante empêchait la consommation du mariage avec Louis XV. S’il mourait avant d’avoir des enfants, son successeur serait Louis d’Orléans, fils du Régent. Voulant éviter à tout prix cette éventualité, le duc de Bourbon, qui détestait la maison d’Orléans, renvoie la jeune princesse à sa famille.

Il faut chercher une autre épouse : le conseil élimine les princesses françaises qui auraient pu donner la prépondérance à une famille sur une autre. Les prétendantes protestantes sont écartées (Angleterre et Prusse). Si on exclut les trop âgées, les trop jeunes, les fragiles et une fille de Pierre le Grand parce que sa mère est de trop basse origine, il ne reste plus que Marie Leszczynska, fille de l’ex roi de Pologne (ce qui ne représente pas en soi une haute alliance, et sera ressentie comme double affront par l’Espagne)).

Louis XV : 1715 – 1774

La Lorraine contre le trône de Pologne :

Son règne va être dominé par la volonté de l’empereur à faire reconnaître comme héritière de toutes ses possessions, sa fille Marie-Thérèse, avec pour corollaire l’accession de son futur époux, François, duc de Lorraine à la tête de l’Allemagne (Pragmatique Sanction). Ce qui est inacceptable pour la France. La mort en 1733 du roi de Pologne Auguste II va relancer l’affaire. Stanislas, le beau-père de Louis XV est réélu par la diète polonaise, mais les armées russes mettent sur le trône l’électeur de Saxe. Fleury, le 1e ministre de Louis XV ne veut pas d’un affrontement général. Il négocie la renonciation du trône de Pologne pour Stanislas, contre l’abandon du duché de Lorraine, en viager pour celui-ci. François de Lorraine accepte de céder et de quitter son duché pour des perspectives impériales aux cotés de son épouse.

Louis et Marie vont avoir 3 filles dont une seule se mariera avec son cousin Philippe VI d’Espagne, tandis que le dauphin épousera en 1745 Thérèse d’Espagne, puis veuf, en 1747, Marie Josèphe de Saxe, grâce à l’entremise de son demi-oncle le maréchal Maurice de Saxe. Elle sera la mère des 3 derniers rois Bourbons.

Le mariage de Louis XVI ; Le renversement des alliances :

En 1756, Marie-Thérèse d’Autriche sentant poindre la menace prussienne décide de renverser les alliances et se tourne vers la France pour contrer la Prusse et l’Angleterre. Le mariage de Louis XVI avec Marie-Antoinette est le symbole de cette nouvelle entente.

Par ailleurs le nouveau duc de Savoie Victor Amédée III négocia des mariages croisés comme il le fit souvent en proposant deux de ses filles aux deux frères de Louis XVI les futurs Louis XVIII et Charles X, et son fils à Clotilde, petite-fille de Louis XV.

Les années 1760 à 1768 virent à nouveau, la cour de France va être endeuillée notamment avec la perte du dauphin et de son fils aîné. Louis devient le dauphin.

Louis XVI : 1774 - 1791

Mariés en 1770, à 16 et 15 ans il faudra attendre 8 années avant que Marie-Antoinette n’ait son premier enfant, une fille. En 1781 naît le dauphin qui meurt rapidement, puis le suivant en 1785.

La Révolution fixe le destin de la famille royale.

© L’échange des princesses de THOMAS Chantal    Cent une princesses de LENORMAND Frédéric