LES VALOIS, le royaume de France prend définitivement forme 1328 - 1498

Philippe VI 1328 – 1350

C’est le fils de Charles de Valois, frère de Philippe Le Bel. Il est nommé régent à la mort de Charles IV, en attendant de savoir si la reine Jeanne va accoucher d’un héritier . C’est une fille !. Les légistes décident alors que la transmission ne peut se faire que par les garçons (la loi salique). C’est la fin des Capétiens directs

En 1332 il affirme sa position en organisant le mariage de son fils, Jean, avec Bonne de Luxembourg, fille du roi de Bohême, futur empereur sous le titre de Charles IV.

1340 : Philippe dont le prestige est diminué se montre exigeant vis à vis d’Edouard III et envahit la Guyenne. Edouard qui avait accepté de renoncer au trône de France, fait valoir ses prétentions. La guerre de cent Ans commence.

la succession de Bretagne : en 1341 c’est le problème de qui met à nouveau aux prises les 2 souverains, chacun soutenant son prétendant. La peste noire les oblige à faire une trêve en 1349.

Il eut le temps, pendant son règne, d’agrandir le royaume de France en ajoutant :

Mais il laisse à son fils, une France dépeuplée, et financièrement démunie.

En 1349 son fils Jean devient veuf. Il lui cherche une nouvelle épouse et arrête son choix sur Blanche de Navarre. Elle arrive en France au moment où lui-même devient veuf de Jeanne de Bourgogne. Subjugué il l’épouse en lieu et place de son fils. Il a 58 ans, elle 18. Il laisse à son fils, une France dépeuplée, et financièrement démunie.

 

Jean Le Bon 1350 - 1364

Il débute son règne en pleine guerre. Les armées anglaises ont débarqué en Guyenne et dans le nord de la France. Une bataille s’engage à Poitiers, qui voit la défaite des français et la capture du roi. Il est emmené à Londres. Son fils aîné, Charles, assure la régence devant faire face à son cousin, Charles le Mauvais, roi de Navarre, et à la révolte du peuple parisien menée par le prévôt Etienne Marcel. Le traité de Brétigny reconnaît la possession de l’Aquitaine à Edouard III ; en contrepartie ce dernier renonce au trône de France et libère Jean contre une rançon et la remise en otage de 2 de ses fils et de son frère Philippe d'Orléans. Un de ses Louis d'Anjou s’étant échappé, Jean retourne se constituer prisonnier, et mourra en Angleterre.

Il aura eu le temps de se marier 2 fois. Il aura avec sa 1e épouse, une important progéniture qu’il va doter d’apanage, ce qui, par la suite, va occasionner des désagréments au royaume de France proprement dit.

Jean aura aussi plusieurs filles

 

Charles V Le Sage 1364 – 1380

Ayant assuré la régence du royaume, il est prêt à assurer le pouvoir, montrant des qualités d’administrateur et de diplomate. Il met en place trois actions : doter la France d’une puissance navale capable de rivaliser avec l’Angleterre ; doter l’armée d‘équipements efficaces et renforcer les places-fortes (avec à ses cotés un tacticien militaire en la personne de Du Guesclin), enfin assurer l’isolement de l’Angleterre.

En 1366, pour se débarrasser des troupes de mercenaires qui dévastaient la France, il les dirige, sous le commandement de Du Guesclin, vers la Castille soutenir Henri de Trastamare qui revendique la couronne à Pierre Le cruel. Là encore c’est un affrontement franco-anglais par souverains castillans interposés. Avec la victoire d’Henri, il obtient la soutien de la flotte castillane face aux anglais.

La guerre reprendra en 1368 : Charles a le soutien du Pape, de l’empereur dont il est le neveu, et de la Castille. Les anglais durent abandonner la Guyenne, l’Aunis et la Saintonge. Une trêve fut signée en 1377.

En 1378, il reçoit son oncle, l’empereur d’Allemagne Charles IV ( ce dernier souhaite l’appui de son neveu pour le mariage des filles de Louis de Hongrie, issu de la lignée d’Anjou, avec ses fils). En retour, Charles souhaite obtenir son soutien pour son projet d’extension vers l’Est et la Provence. Par ailleurs, il s’assure une neutralité bienveillante des princes allemands aux frontières de la France en fiançant ses filles :

 

Charles VI le Fou 1380 - 1422

Charles n’a que 12 ans ; ses 3 oncles Jean de Berry, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et Louis d’Anjou forment un conseil de Régence. Dès les cérémonies du sacre les rivalités entre les oncles apparaissent. Toutefois Louis d’Anjou est occupé par la conquête du royaume de Naples à l’appel du pape, Jean de Berry est surtout un grand amateur d’art et un mécène. Philippe le Hardi est un fin politique qui, cherche à maintenir des liens avec les pays de l’Empire ; pour se faire il a marié ses 2 enfants avec la famille de Bavière et c’est lui qui négocie le mariage de son neveu, Charles avec Isabeau de Bavière. De leur union naîtront un certain nombre d’enfants. Les deux premiers garçons sont fiancés à Marguerite, petite-fille du duc de Bourgogne, mais ils meurent très jeunes. Il restera leur 3e fils Charles, futur Charles VII.

Les filles vont permettre de sceller des alliances avec l’Angleterre lors des trêves pendant la guerre de Cent Ans. Ainsi, en 1396, il est décidé de marier Isabelle, fille de Charles VI au souverain anglais Richard II.

Armagnacs contre bourguignons : Valentine réclame justice

Les querelles dynastiques en Angleterre « guerre des deux roses » vont trouver leurs alliés en France : le duc d’Orléans, frère du roi, soutient le roi Richard II gendre de Charles VI, tandis que le nouveau duc de Bourgogne, Jean Sans Peur soutien Henri de Lancastre. Ce dernier finira par faire assassiner Richard et montera sur le trône sous le titre d’Henri V. Dans le même temps Jean Sans peur commandite l’assassinat de Louis d’Orléans, ce qui, après le coup de folie du roi va  déclencher une guerre qui voit s’affronter les partisans de chaque camp : les Armagnacs (le comte d’Armagnac est le beau-père de Louis) et les Bourguignons. Ils vont chacun aller chercher leurs alliés parmi les anglais.

Les Anglais débarquent à nouveau en France et c’est la bataille d’Azincourt. La paix est scellée encore une fois par un mariage : celui d’Henri V avec Catherine, autre fille de Charles VI. Il est convenu qu’à la mort de Charles VI, la couronne de France reviendrait à Henri V. Heureusement ce dernier meurt en premier.

 

Charles VII le Victorieux  1422 – 1461 :

Un dauphin contesté : En 1413, Yolande d’Aragon, épouse de Louis II, duc d’Anjou avait négocié le mariage de sa fille Marie avec Charles, qui n’est à l’époque que le 3e fils de Charles VI. Elle élèvera les 2 enfants à la cour d’Anjou et sera une conseillère avisée du souverain tout au long de son règne. En 1420, lors de la signature du traité de Troyes, sa mère Isabeau le traite de « soi disant roi », laissant planer des doutes sur sa légitimité !. Cependant, à la mort de son père, ses frères étant décédés, c’est lui qui devient roi.  

Le sacre, la reconquête du royaume et le retour de l’Aquitaine à la France : Paris est occupé par les Bourguignons, il se réfugie à Bourges jusqu’à l’arrivée de Jeanne d’Arc qui le force à aller se faire sacrer roi à Reims (1429) et à lutter contre les Anglais. A partir de 1434, il reprend, la majeure partie des territoires au nord. Puis il renoue alliance avec le duc de Bourgogne par le Traité d’Arras. Ensuite, il reprend Paris puis assure la reconquête de la Guyenne par la bataille de Castillon en 1453. Il renforcera l’armée, stabilisera la monnaie, développera le corps des conseillers issus de la bourgeoisie.

Pour Louis, une dauphine venue d’Ecosse : Après de vaines tentatives auprès de la Savoie et la Castille, Charles VII fiance son fils Louis à la fille du roi d’Ecosse. L’Ecosse est une fidèle alliée de la France : elle fournit des troupes, elle provoque sans arrêt les anglais sur leur frontière l’empêchant de se livrer totalement à l’invasion de la France. Un mariage avec la fille de Jacques Ier et de Jeanne de Beaufort renforcerait cette alliance. De plus, Jeanne de Beaufort, étant une princesse anglaise Lancastre il serait bon d’empêcher une union toujours possible avec l’Angleterre. Finalement Marguerite, débarque en France en 1436 (Louis a 13 ans elle en a 11). Elle mourra en 1444, alors que, dans le même temps, Agnès Sorel fait son apparition aux cotés du roi, donnant à Louis la volonté de s’éloigner et de se rebeller contre son père (la Praguerie).

Le dauphin de Viennois et son remariage :

Charles VII, « exile Louis » en Dauphiné et lui en confie le gouvernement, auquel il s’attelle en véritable souverain. En 1451, il proclame son indépendance en épousant, de sa propre initiative, Charlotte de Savoie, fille de Louis Ier. (l’alliance n’a rien de déshonorant : les ascendants de Charlotte sont de famille royale et Charles VII va marier la sœur de Louis, Yolande, au futur duc Amédée IX). Mais, il n’a pas demandé l’autorisation à son père et de plus il signe avec son beau-frère Amédée un traité d’alliance militaire, qui pourrait se retourner contre la France. De plus il entretient des relations amicales avec les Suisses et les Milanais. Cela représente pour Charles VII, qui a déjà à faire face au turbulent duc de Bourgogne, tout une frontière à l’Est qui lui est hostile. Les relations vont s’envenimer jusqu’à ce que Charles VII se présente en 1455, avec son armée, aux portes du Dauphiné (le duc de Savoie reste neutre) obligeant Louis à s’enfuir et à trouver refuge auprès de son oncle, le duc de Bourgogne Philippe Le Bon.

Des alliances matrimoniales pour ses filles afin de consolider les relations de voisinage

 

Louis XI 1461 - 1483

Enfin, en 1461, Louis devient roi. Dans sa hâte de tout changer il va se heurter au regroupement des nobles sous le nom de « Ligue du bien Public », menée par François, duc de Bretagne, le comte de Charolais, le futur duc de Bourgogne, et à leur tête, le duc de Berry, frère cadet du roi. Après la bataille de Montlhéry il lui faut céder la Normandie à son frère. Enserré entre Bretagne et Bourgogne, il finit par reconquérir ses territoires. Il ne lui reste plus qu’à affronter le nouveau duc de Bourgogne Charles Le Téméraire.

Le retour de la Bourgogne dans le royaume de France, avec l’Artois et la Picardie

Il va opposer ruse et patience face au nouveau duc de Bourgogne Charles Le Téméraire. Il l’isole en faisant la paix avec Edouard IV d’Angleterre (traité de Picquigny qui d’une certaine façon met fin à la Guerre de Cent Ans) et les Suisses. Lorsque Charles meurt devant Nancy, sans héritier mâle, la règle impose que les apanages confiés aux cadets des familles royales retournent au roi de France. Marie, l’héritière bourguignonne s’empresse d’épouser Maximilien de Habsbourg pour protéger ses territoires. Ce dernier ne parvient à conserver que les Pays-Bas. Louis XI récupère la Picardie, l’Artois et le duché de Bourgogne.Le comté ou franche-Comté reste aux Habsbourg

La fin des Angevins : Anjou et Provence

Le roi René Ier d’Anjou, a vu son fils et ses petits- fils mourir avant lui. En 1474, par testament il cède la Lorraine à son petit-fils René II, fils de Ferry de Lorraine et de Yolande d’Anjou ; l’Anjou et la Provence sont léguées à son neveu Charles du Maine.

La succession de Louis

Louis n’ayant d’abord que 2 filles, il cherche des alliances qui leur permettraient une éventuelle succession à la couronne. Dès 1461, il fiance l’aînée Anne, à peine née, à Nicolas de Calabre, l’un des héritiers présomptifs à la couronne, en ligne masculine, le mieux placé après le frère du roi, Charles de Berry. Mais en 1462, Charles d’Orléans, âgé de 72 ans a un fils, Louis, qui vient se placer en second dans la succession.

Entre temps en 1470 un dauphin est né, Charles, et les prétendants en ligne masculine sont décédés : Charles de Berry et Nicolas de Calabre, ainsi d’ailleurs que la lignée masculine des ducs de Bourgogne issue de Charles V. Cependant Louis poursuit son objectif : empêcher les branches familiales cadettes de fonder des dynasties pouvant mettre en péril la succession car Charles est jeune et de santé fragile.

  • Il marie Anne à Pierre de Beaujeu, frère cadet du duc de Bourbon, qui n’a pas d’héritier. Ainsi il pense faire de sa fille la mère de la future lignée des Bourbons, descendant de Saint-louis dont les perspectives à la succession sont sérieuses.
  • En 1476 il impose Jeanne comme épouse à Louis d’Orléans.

Il en profitera également pour mettre fin à certaines principautés qui, si elles n’ont pas d’ambitions dynastiques, se révèlent turbulentes (Armagnac 1473 – Alençon 1474 – Saint-Pol 1475 – Nemours 1477).

 

Charles VIII 1483 – 1498

Charles n’a que 13 ans à la mort de son père. Louis XI, par testament, a désigné sa fille aînée régente. Elle doit faire face à la « guerre folle » menée par le duc de Bretagne et son cousin Louis d’Orléans.

Le mariage de Charles et le duché de Bretagne

En 1483, Charles a été fiancé à Marguerite d’Autriche, fille de l’empereur Maximilien. Elle lui apporte en dot, la Franche-comté. Elle est élevée en France avec lui. Maximilien, veuf de Marie de Bourgogne, doit épouser l’héritière de Bretagne, Anne, pour la protéger des ambitions françaises. Mais double injure pour Maximilien : Anne de Beaujeu rompt l’engagement de Louis XI envers Marguerite d’Autriche et lui renvoie sa fille, puis Charles VIII pénètre en Bretagne et oblige Anne à l’épouser. Afin de maintenir le duché de Bretagne dans la dépendance française, une clause prévoit, qu’en cas de stérilité, Anne devra épouser le prochain roi. (Maximilien quant à lui, finira par se remarier avec Blanche Sforza, ce qui l’amènera à faire valoir ses droits sur le Milanais face à Charles VIII).

Le début des guerres d’Italie : Charles, sacré roi s’empresse de faire la paix avec l’empereur, d’acheter la neutralité de Ferdinand d’Aragon en lui restituant le Roussillon, ceci afin d’avoir la mains libres pour son rêve italien.

Il meurt prématurément, sans héritier. Désormais la succession n’est plus remise en cause, et, tout naturellement, Louis d’Orléans, son cousin, marié à la fille cadette de Louis XI devient le légitime successeur.

Les VALOIS ORLEANS